Le danseur François Alu préfère « laisser la place d’étoile à quelqu’un qui occupera le poste à plein temps »

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Décidément ! Avec le bondissant, virevoltant, insaisissable François Alu, il se passe toujours quelque chose. Sept mois à peine après sa nomination d’étoile de l’Opéra national de Paris, le 23 avril, le danseur quitte l’institution. Alors qu’il avait rongé son frein pour décrocher le titre suprême, le voilà qui fait ses adieux à la maison. « J’ai simplement envie de reprendre pleinement ma vie d’artiste et de pouvoir me consacrer à de nouveaux projets, déclare-t-il, joint au téléphone. Par ailleurs, être disponible pour mon seul-en-scène Complètement jetés, actuellement en tournée, développer mes envies de cinéma et d’écriture d’un nouveau spectacle, être juré dans l’émission de TF1 “Danse avec les stars”, tout en participant de temps en temps à des ballets à l’Opéra, ne rimait à rien. »

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Le ton est léger, la blague toujours prête à fuser : « J’ai beau être gourmand, c’était trop. » C’est donc « Le Grand Saut », comme il a choisi d’intituler sa sortie de scène de l’Opéra dans le communiqué annonçant son départ, mercredi 23 novembre. Etoile officiellement, il n’avait toujours pas signé son contrat et discutait encore avec Alexander Neef, directeur général, des modalités et conditions de son nouveau poste. « Alexander Neef a été très bienveillant, très à l’écoute, affirme-t-il. L’Opéra a beaucoup changé. Mais cela fait douze ans que j’y suis. Nous ne vivons plus à l’époque où les gens restaient toute leur vie dans la même entreprise. »

Visiblement, les échanges n’ont pas abouti. « Nous avons essayé de trouver une base d’entente. Mais nos attentes et celles de François Alu étaient un peu trop éloignées », a déclaré Alexandre Neef depuis Cayenne (Guyane), où il participe actuellement au lancement de l’opération de coopération culturelle « L’Opéra en Guyane ». « C’est un départ à l’amiable, précise-t-il. Malgré la bonne volonté de tous, nous ne sommes pas tombés d’accord sur les projets, la présence de François Alu dans la maison au regard de ses envies. C’est dommage. Mais comme le dit José Martinez, directeur de la danse, être étoile, c’est mettre l’Opéra en premier. Et on ne va pas refaire le passé. »

Le moment est délicat

Ce passé, précisément, semble peser dans la balance. Tout va très vite d’abord pour Alu. Ultra-talentueux, lancé comme une bombe, grimpant dans la hiérarchie à toute allure, il est promu premier danseur le 6 novembre 2013. Il ne décroche le titre ultime qu’un peu plus de huit ans plus tard, ce qui en fait un cas dans le contexte de l’institution. Il est soutenu par un fan-club que cette injustice révolte de plus en plus au fil du temps, et le fait savoir. Le 20 avril, les spectateurs espérant sa nomination à l’issue de la représentation de La Bayadère, à l’Opéra Bastille, et ne la voyant pas venir se soulèvent en criant, à destination de celle qui était alors la directrice de la danse : « Alu étoile, Aurélie Dupont démission ! » Il l’est trois jours plus tard, considérant son statut stellaire « comme un couronnement de [sa] liberté d’artiste ». « Curieusement, cette étoile est finalement arrivée alors que je m’en étais détaché », confie-t-il aujourd’hui.

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