Le 34e Forum philo « Le Monde » Le Mans aura comme thème « Enfin libres ? »

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La liberté n’est pas un idéal abstrait, une hypothèse sublime. Elle commence et finit par le corps. Le simple fait d’être incarné m’offre au pouvoir, à tous les pouvoirs qui menacent sans cesse de me considérer comme un objet, de me domestiquer. La liberté pose donc d’abord la question de la force et de la survie, question dont la vérité charnelle éclate à chaque soulèvement contre l’oppression. Comment organiser cette manifestation sans tomber sous les balles de l’armée ? Comment diffuser tel tract, tel tweet sans finir au fond d’un cachot ? Comment donner de la voix sans y laisser la vie ?

Douter de sa propre liberté

Au moment où le 34e Forum philo Le Monde Le Mans s’apprête à ouvrir ses portes, cette question taraude les femmes et les hommes qui défient le pouvoir en Iran. Une fois de plus, ces révoltés montrent que la liberté ne saurait se déployer comme un concept théorique ou un sentiment subjectif : elle engage toujours une pratique. « La liberté, c’est le faire », résumait Jean-Paul Sartre.

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En même temps, elle ne peut pas non plus se réduire à une action immédiate, à une spontanéité déchaînée. Pour s’éprouver vraiment, elle doit également être interrogée : douter de sa propre liberté, n’est-ce pas la première forme de la liberté ? Or cette interrogation demande du temps. Du point de vue de l’action politique comme de la pensée philosophique, non seulement la liberté s’inscrit toujours dans l’histoire, mais elle semble coïncider avec un processus qu’on appelle émancipation. Etre libre, serait-ce alors apprendre à être libre, enfin ? C’est à cette question que les intervenantes et intervenants du Forum philo Le Monde Le Mans devront essayer de répondre, les 25, 26 et 27 novembre, dans la tradition d’exigence, d’échange et de pédagogie qui convient à ces rencontres depuis maintenant plus de trois décennies.

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