« Laurence Equilbey, pour la beauté du geste », sur France 5 : l’évidente autorité d’une cheffe d’orchestre

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FRANCE 5 – VENDREDI 4 NOVEMBRE À 23 H 00 – DOCUMENTAIRE

« Diriger, c’est transmettre une œuvre, transmettre l’énergie de cette œuvre, sa forme, son incantation. C’est aussi rassembler la musicalité des musiciens en une seule vibration, et c’est aussi parfois inspirer le public avec une certaine vision. » En quelques mots, la cheffe d’orchestre Laurence Equilbey (née en 1962) définit son métier ; en cinquante-deux minutes, le documentaire que lui consacre Marie Guilloux l’explicite à destination d’un public non connaisseur.

Sans trop s’attarder sur le geste – ou la gestique – propre à la direction d’orchestre, il revient sur la vie et la carrière de celle qui, après avoir voulu « recréer une technique de chœur en France », s’est progressivement imposée dans le domaine de l’opéra et de la musique symphonique. Invitée un peu partout en France et à l’étranger, elle a également créé son propre orchestre d’instruments d’époque, Insula Orchestra, avec lequel elle s’intéresse aux musiques des périodes classique et préromantique, pour l’essentiel.

On la voit notamment préparer puis répéter Pastoral for the Planet, un spectacle mis en scène et en images par le collectif barcelonais La Fura dels Baus, qui prend pour axe musical la 6e Symphonie dite « Pastorale » de Beethoven et pour trame dramaturgique la notion de guerre climatique. Le film montre assez bien le cheminement du chaos à l’ordre (ou, en l’occurrence, au désordre organisé) qu’est la mise au point de ce projet pluriel.

Ouverture artistique

On pourrait s’étonner que le documentaire ne s’arrête pas sur la situation d’une cheffe d’orchestre par rapport à celle de ses collègues masculins, qui représentent la très grande majorité du métier. Mais de moins en moins, comme en témoigne par exemple la récente nomination de Nathalie Stutzmann au poste de premier chef invité de l’Orchestre de Philadelphie (Pennsylvanie), et la présence de plus en plus fréquente des femmes sur les podiums.

Mais, tout en regrettant, ainsi qu’elle le confiait au Monde, qu’il n’y ait « que 4 % de femmes cheffes d’orchestre programmées ! » et en assurant militer « avec d’autres pour promouvoir la place des femmes dans la culture », Laurence Equilbey n’est pas du genre à trop genrer la pratique de la direction d’orchestre. Et ne pas en parler est, en quelque sorte, faire comme si de rien n’était.

D’autant plus qu’il ne s’agit pas de rien : en témoignent la belle musicalité, l’évidente autorité, l’imagination musicale et l’ouverture artistique de cette musicienne qui font oublier les particularités de son sexe et de sa pratique. Car, désormais, il semble que les femmes soient devenues des cheffes d’orchestre comme les autres, et les instruments anciens des instruments comme les autres.

Laurence Equilbey, pour la beauté du geste, de Marie Guilloux dans le cadre de la collection « Aux arts et cætera » (Fr., 2020, 52 min.). France 5. Disponible jusqu’au 11 mars

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