Festival d’automne : danseurs et toiles en osmose au Louvre

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Danser le Louvre. Incarner Véronèse, Vinci, Titien ou Géricault. Tramer les récits peints il y a des siècles des fils nerveux d’une chorégraphie d’aujourd’hui.

Présenté par le Festival d’automne, Forêt, conçu par Anne Teresa De Keersmaeker et Némo Flouret, déroule une performance déambulatoire dont le titre contient en germes une frondaison touffue de gestes. Et pour cause. Le parcours investit 5 000 mètres carrés de la fameuse aile Denon, celle notamment des chefs-d’œuvre italiens de la Renaissance, dont La Joconde en tête de gondole et point de départ de la horde de onze danseurs. « Il s’agit de ralentir le regard en faisant dialoguer les gestes et les peintures », résume Anne Teresa De Keersmaeker.

« Même si nous sommes à plusieurs dizaines de centimètres des peintures, nous tentons d’en créer des prolongations en dansant. » Némo Flouret.

Se jeter à l’assaut d’un espace aussi majestueux, symbolique et chargé que le monument parisien visité au quotidien par 30 000 personnes n’est pas une mince affaire. Les représentations se déroulant le soir, après la fermeture, seulement 500 spectateurs sont attendus à chaque représentation de Forêt, dont la durée est de deux heures trente. « Mais les entrées sont échelonnées en trois temps entre 19 heures et 21 h 30, précise Luc Bouniol-Laffont, directeur de l’auditorium et des spectacles du Musée du Louvre. Il s’agit de conserver une fluidité et un confort pour les visiteurs. »

Dans le contexte des actions répétées des militants écologistes prenant pour cible des tableaux de maîtres, les mesures de sécurité sont-elles renforcées ? Si la vigilance est plus que jamais le maître mot, aucun dispositif spécial n’est annoncé par l’établissement. Le nombre d’agents d’accueil et de ­surveillance n’est pas non plus divulgué. Les barrières de mise à distance devant les cimaises restent identiques – à environ 70 centimètres des toiles – pour les performeurs comme pour les spectateurs.

Un parcours autour d’une trentaine d’œuvres

En revanche, des contraintes particulières liées aux œuvres ont été listées pour les artistes. « Il faut se rappeler que le Louvre n’est pas un théâtre, indique Sébastien Allard, conservateur général du patrimoine et directeur du département des peintures du Musée du Louvre. Il est par exemple impossible d’être dans le noir complet, car les issues de secours sont toujours éclairées. Aucun câble électrique ne peut être tiré et il ne peut y avoir aucune lumière violente supplémentaire pour la danse. Pas de musique trop forte non plus, car les vibrations peuvent fragiliser certaines peintures. »

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