Fary décortique le mythe de la vie à deux avec « Aime-moi si tu peux »

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Fary est de retour sur scène, et au sommet de sa forme. Trois ans après Hexagone, son stand-up à succès qu’il avait eu le culot de jouer au milieu de l’AccorHotels Arena à Paris entouré de quelque quinze mille spectateurs, l’humoriste lâche (presque) les questions d’identité française pour aborder les chimères du couple et de l’amour. La trentaine passée, fort d’un public fidèle notamment acquis grâce à la diffusion de ses shows sur Netflix, Fary a longuement mûri cette nouvelle thématique. Il était temps de « dire des choses sur scène que tu as du mal à t’entendre dire », résume-t-il en préambule.

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Rodé au théâtre La Scala, à Paris, sous le nom de code faussement modeste Ce ne sont que des blagues, ce troisième spectacle inspiré est promis à un bel avenir. Aime-moi si tu peux (titre définitif) sera joué cet automne au Dôme de Paris et cet hiver au théâtre parisien de la Renaissance. Dans ce nouveau stand-up, l’artiste, né en France de parents cap-verdiens, metteur en scène de la révélation Panayotis Pascot et créateur du Comedy Club Madame Sarfati, peaufine sa marque de fabrique.

Toujours singulièrement et élégamment habillé, les dreadlocks retenues en queue-de-cheval, il balance quelques saillies « farysiennes » sur ces Blancs qui n’aiment pas être appelés « les Blancs » mais qui ont la fâcheuse tendance à catégoriser « les Noirs ». Après deux ou trois anecdotes plus ou moins réussies (un petit récit superflu sur le quartier parisien Strasbourg-Saint-Denis mais une mésaventure truculente dans un aéroport marocain), très vite, le spectacle bascule. Fary va longuement décortiquer le mythe de la vie à deux, dans un texte très bien ficelé, qui pousse à l’écoute et suscite des rires fédérateurs.

Sans simulacre

Il essaie d’être en couple, n’a plus une « copine » mais une « conjointe » (« la différence est que, si ça s’arrête, tu dois déménager »), et s’interroge sur cette utopie qui consiste à tout partager, à croire que l’autre représente l’amour de toute une vie et doit nous rendre plus heureux. « C’est trop, on se met trop la pression. » Comme tous les amoureux, il est rattrapé par le réel et donne sans simulacre son ressenti. « Y a des jours, je te tolère. Evidemment que tu ne me suffis pas. T’es Eve ? », interpelle-t-il avec malice.

Aisance scénique, sens du rythme, rapport au public à la fois taquin et bienveillant, Fary n’a rien perdu de son charisme

D’ailleurs, la fidélité l’« angoisse ». « J’ai toujours été infidèle », avoue le stand-upeur. Maniant avec brio la mauvaise foi, il dit avoir une bonne raison d’être ainsi : « Jamais personne ne nous a appris à être deux, dans la vie. » Surtout, les hommes sont « conditionnés » dès le plus jeune âge : « Un jour cow-boy, le lendemain Power Ranger, le surlendemain pirate, enfant on avait plein d’aventures, et maintenant il faudrait vivre une seule histoire ?  » Contrairement aux filles, ils n’ont pas été bercés par les promesses des contes – « ils vécurent longtemps ensemble et eurent beaucoup d’enfants ».

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