Familles monoparentales : cinq livres jeunesse qui vous ressemblent

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Parentalité à géométrie variable

Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes chez Marcel : la vie est douce, remplie d’activités plaisantes avec sa mère qui, comme lui, aime peindre, jouer de la musique ou se promener au parc. Malgré ce quotidien apaisant, Marcel sent une boule d’angoisse monter en lui quand on lui demande : « Où est ton papa ? » (il est parti et ça fait un bail). Sa mère l’encourage à regarder autour de lui, à observer si ses amis sont mieux lotis que lui, comme il le suppose. Avec beaucoup de justesse, mais sans jugement, des illustrations mignonnes et colorées de nature à séduire les tout-petits, l’album déroule la situation de Léonie, dont les parents, en couple, sont accaparés par le travail ; de Lucien, qui n’en peut plus de ses trois frères et sœurs ; de Tim, dont on se moque à l’école parce qu’il a deux papas ; ou de Zélie, née de la PMA d’une maman « sans amoureux ». Un fort bon résumé de la parentalité au XXIe siècle.

« La Petite Famille », d’Orianne Lallemand et Anne-Isabelle Le Touzé. Glénat, 32 pages, 11,90 euros. Dès 4 ans.

Combler l’absence

 Extrait de « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un père explorateur », de Didier Lévy et Amélie Graux.

« Cher papa, nous savons. Depuis un bon moment nous savons. Tu n’es pas un vrai explorateur. » L’album s’ouvre sur cette annonce fracassante dont la part de mystère diminue au fil des pages. On comprend qu’un explorateur, dont le visage reste toujours caché, vient régulièrement rendre visite à la fratrie pour leur raconter des histoires mirobolantes et leur distribuer des cadeaux. Peu à peu, le costume vacillant trahit l’explorateur : on découvre qu’il s’agit d’une mère solo, déguisée en Indiana Jones pour épater sa progéniture et lui apporter une présence masculine qu’elle suppose nécessaire. La réussite tient ici au fait que tout est raconté du point de vue des enfants, qui observent un adulte s’embourber dans ses idées tordues et tenter de garder la face, malgré tout. Et quand elle tombe le masque, la mère n’est pas particulièrement belle, elle a l’air fatiguée et mal fagotée. Mais elle irradie d’amour pour ses enfants, qui le lui rendent bien.

« Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un père explorateur », de Didier Lévy et Amélie Graux. Nathan, 32 pages, 12,95 euros. Dès 5 ans.

Papa à tout faire

Extrait de « Papoule », d’Emile Jadoul.

On a coutume de dire que devenir parent, c’est apprendre à faire (au moins) trois choses en même temps : touiller la soupe, répondre à un collègue, arrêter l’eau du bain… Souvent, on manque de bras, même à deux. Mais pas Papoulpe. Car ce papa magique est doté de huit tentacules. Il quitte son travail, que l’on devine un peu prenant (« Quelle journée !… », soupire-t-il), va chercher à l’école ses trois petits poulpes, les écoute, les réconforte, les câline et les gronde. Bain, dîner, histoire, lit : rien qu’une fin de journée lambda de parent solo, racontée avec les mots et les dessins sensibles d’Emile Jadoul, incontournable auteur jeunesse (Gros pipi, Câlin express, etc.). La douceur, la sérénité et l’expertise de ce Papoulpe qui s’occupe seul de ses petits sont admirables, et d’autant plus plaisantes à lire que ce sont des qualités que l’on appose encore trop rarement à des personnages de papa.

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