Entre Hilona Gos et Julien Bert, une affaire de violences conjugales sous les projecteurs de la télé-réalité

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Chers lecteurs, petit avertissement de rigueur. Si vous n’avez aucune idée de qui sont Hilona Gos, Julien Bert, Illan ou Bastos, mieux vaut vous accrocher. Depuis plus de dix ans, ces acteurs stars de la télé-réalité (« Les Anges », « Le Reste du monde », « La Bataille des clans », etc.) ont fait de leur vie un feuilleton en temps réel, de leur couple un fonds de commerce, de leur maternité une entreprise. Une surexposition de l’intime pour garder ses milliers, voire millions de followers, et ainsi assurer son aisance financière. Voilà qu’une petite révolution vient d’éclater, rayant le vernis déjà peu reluisant de cet univers pris au piège de sa notoriété.

Le 26 février, Hilona Gos (1,8 million d’abonnés sur Instagram) a révélé sur YouTube, dans une vidéo de trente-sept minutes (4,7 millions de vues), les violences psychiques et physiques que lui aurait infligées son ex-compagnon de vie et de télé Julien Bert, avec lequel elle formait un couple goals (un « couple parfait ») depuis 2019. Elle l’accuse, en outre, de lui devoir près de 80 000 euros, alors que leur entreprise de cosmétiques commune est en liquidation judiciaire, ainsi que des loyers impayés. Julien Bert a répondu, en larmes, niant toute violence. Hilona, dans une seconde vidéo, a balancé des audios où il avouait, entre autres, l’avoir étranglée.

L’affaire pourrait s’arrêter là. Mais d’autres mastodontes de la téléréalité et de l’influence, comme Bastos ou Aurélie Dotremont (ex-compagne de Julien Bert), se sont positionnés en faveur de la jeune femme. On savait, on se doutait, on aurait dû agir, force à elle. Cette histoire de violences conjugales a immédiatement été érigée sur les réseaux sociaux comme un exemple des dégâts causés par la « masculinité toxique », les « pervers narcissiques », et plus largement le « phénomène d’emprise ». De la psychologie de comptoir certes, mais qui révèle un malaise sur le modèle du couple affiché dans ce type de programmes, regardé en majorité par les adolescents.

Des montages vidéo d’internautes, et un thread de la journaliste Constance Villanova, ont décortiqué des séquences d’émissions sur plusieurs années mettant en scène la rencontre, la demande de fiançailles, les violentes disputes et la séparation. Ces montages interprètent les non-dits et la mécanique de cette relation toxique. Dans l’émission « Le Reste du monde », en 2021, Hilona Gos est présentée comme fragile et hystérique, dépendante de son amoureux ; Julien Bert comme un type jovial et raisonnable, dépassé par les réactions excessives de sa compagne. A la lumière des accusations d’Hilona Gos, ces images prennent ainsi une tout autre dimension, et soulignent la perversité de la production faisant son beurre d’une situation problématique, qu’elle travestit pour générer de l’audience. L’amour passionnel, c’est si romantique.

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