« Du crépitement sous les néons » : une lueur d’espoir dans un monde noir comme de l’encre

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L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Sept ans après la sortie de leur premier long-métrage, Voyoucratie (2015), le duo Fabrice Garçon et Kevin Ossona, connu sous le nom de FGKO, revient au cinéma avec Du crépitement sous les néons, un thriller noir comme de l’encre que vient traverser un rai de lumière. Les réalisateurs y creusent le même sillon que précédemment, celui d’un monde en marge, où logent et agissent malfrats, petits voyous, malchanceux et paumés. Mais ils l’étendent, ici, au-delà de nos frontières. Et, surtout, ils l’éclairent d’une histoire d’amour impossible, toujours empêchée, puisque confrontée sans répit à la violence. C’est sur ce mouvement contraire que s’élabore un récit de plus en plus en tension et que se construisent, cahin-caha, les personnages.

Adapté du roman éponyme (Ex Aequo, 2017) de l’auteur de polars et policier Rémy Lasource, Du crépitement sous les néons a le mérite d’installer très vite, par le feu de l’action et le réalisme qui l’accompagne, une atmosphère épaisse, fébrile, suant le danger. La banlieue, les trafics organisés, la traite des êtres humains se déversent dès les premières minutes comme un raz de marée ; rapidement évacués (la faiblesse du film), au profit de deux personnages qui en sont issus et souhaitent s’en extraire.

Folle cavale

Le premier, Yann (Jérémie Laheurte), un peu plus de 20 ans, sous contrôle judiciaire, aspire à une vie meilleure et honnête, loin de sa cité. La seconde, Dara (Tracy Gotoas), jeune Nigériane tout juste débarquée en France (dans l’espoir de gagner sa vie pour récupérer sa petite fille, laissée au pays) et aussitôt embrigadée dans un réseau de prostitution, refuse de se soumettre à son sort. Ces deux-là vont devoir faire route ensemble. La raison étant que Yann, pour rembourser une dette et enfin tourner la page, a fini par accepter de convoyer Dara jusqu’en Espagne. De son côté, la jeune femme compte bien profiter du trajet pour s’enfuir.

Nous ne divulguerons pas les nombreuses péripéties qui jalonnent ce parcours accidenté, moult fois détourné, de plus en plus périlleux. Disons seulement que le road movie se transforme en une folle cavale. Mais alors que le rythme s’accélère, lentement se mettent en place des sentiments qui changent la donne, redistribuent les cartes, inversent le cours de l’histoire.

A mesure des dangers qu’ils rencontrent, les deux personnages précipités l’un contre l’autre révèlent des nuances insoupçonnées, en particulier cette part d’humanité que leur combat pour la survie avait depuis longtemps étouffée. Ce glissement vers la douceur que le film orchestre dans le fracas est une belle idée. Tenue avec maîtrise, menée sur le fil du rasoir, celle-ci devient une réussite.

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