Des réalisateurs réclament la tête de Dominique Boutonnat à la direction du CNC

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Estimant sa politique «ouvertement libérale et trop souvent court-termiste», la Société des réalisateurs de films (SRF) estime préjudiciable le renouvellement du mandat de ce proche d’Emmanuel Macron.

Plusieurs réalisateurs, dont Jacques Audiard, Cédric Klapisch et Pierre Salvadori, ont manifesté mercredi leur opposition à une reconduction de Dominique Boutonnat à la tête du Centre national du cinéma et de l’image (CNC), estimant sa politique «ouvertement libérale et trop souvent court-termiste».

«Il serait incompréhensible que le mandat [qui arrive à son terme le 24 juillet] de Dominique Boutonnat soit renouvelé dans quelques jours», estime le conseil d’administration de la Société des réalisateurs de films (SRF) dans un communiqué.

«Si certaines avancées peuvent être saluées, telle la mise en place d’une troisième commission à l’avance sur recettes, si des aides exceptionnelles ont été rapidement débloquées au cours de la crise sanitaire (du Covid-19), les fondements de la politique menée depuis trois ans restent des plus alarmants pour le cinéma indépendant», souligne la SRF.

Cette association de cinéastes accuse Dominique Boutonnat, dont la nomination il y a trois ans par le président Emmanuel Macron avait secoué le milieu du septième art, de mener «une politique ouvertement libérale» et de s’appliquer «à démanteler petit à petit ce puissant outil de régulation» qu’est le CNC, institution centrale pour le financement du cinéma.

«Ainsi assiste-t-on au brouillage grandissant des frontières entre cinéma et audiovisuel, à la redistribution des aides en faveur de films déjà soutenus par le marché, à la multiplication, au sein des commissions, des critères de performance et de rentabilité», déplore le collectif. Aucune mention n’est faite des accusations d’agression sexuelle et de tentative de viol visant Dominique Boutonnat.

En février, un an après sa mise en examen, la SRF s’était émue qu’il soit toujours en fonction. «Le président du CNC n’a toujours pas été mis en retrait de ses fonctions le temps que le travail de la justice aille à son terme. Un an après, nous nous interrogeons donc toujours sur le principe que nos institutions entendent observer en la matière», s’interroge encore la SRF.

Interrogée sur ce point début juin, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak avait estimé que «la présomption d’innocence prévaut» et salué le bilan de Dominique Boutonnat. «Il est le patron d’un CNC qui a fait face à la crise et qui, par ailleurs, a été pionnier sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes», disait-elle alors au journal Le Parisien.


À VOIR AUSSI – Qui est Dominique Boutonnat, possible futur président du CNC ? (12 juil. 2019)

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