Davy Chou, coup de cœur des festivals

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C’est un film français qui se passe à Séoul, est dialogué en trois langues (français, anglais et coréen) et qui représentait le Cambodge dans la course aux Oscars du « meilleur film international ». Retour à Séoul, le nouveau long-métrage du Franco-Cambodgien Davy Chou, présenté au Festival de Cannes 2022 en sélection « Un Certain Regard », met en scène Freddie, une Française adoptée qui retourne pour la première fois dans son pays de naissance, la Corée du Sud : « Comment se départir de ce déterminisme, s’inventer, faire avec les contradictions que l’on porte en soi ? Elle fait tout pour se libérer, mais sa vie sera toujours une lutte avec ça », résume Davy Chou.

Fraîchement débarqué de Phnom Penh avec sa compagne et leur fille de 3 mois, le cinéaste confesse avec étonnement réaliser progressivement à quel point son film, tourné dans un pays qui n’est pas le sien, centré sur un personnage féminin a priori éloigné de lui, le raconte finalement intimement.

Une enfance à Lyon

Né en 1983 en banlieue parisienne, Chou a grandi à Lyon, où sa famille s’établit en 1988. Ses parents étaient encore lycéens lorsqu’ils ont quitté le Cambodge, en 1973, en pleine guerre civile et deux ans avant la prise du pouvoir par les Khmers rouges. Son enfance se déroule à distance de ce pays dont il ne connaît rien, à l’exception de quelques livres sur le génocide et les temples d’Angkor, bien en vue dans la bibliothèque familiale – et qu’il n’ouvrira jamais –, et des quelques plats traditionnels cuisinés à la maison, puis dans le restaurant asiatique qu’ouvre son père à Sète dans les années 1990.

Davy Chou découvre le cinéma à l’adolescence en solitaire, puis grâce à un atelier d’analyse filmique en terminale. Mais dans cette famille d’immigrés qui mise tout sur la réussite scolaire, une carrière artistique était « inenvisageable ». Il s’inscrit alors en école de commerce, tout en commençant à produire et à réaliser des courts-métrages.

En 2009, à 25 ans, il profite d’un semestre à l’étranger dans le cadre de ses études pour partir à Phnom Penh. Les six mois au Cambodge se prolongent en un an et demi. Sur place, Davy Chou crée un atelier vidéo et enseigne les rudiments du cinéma à une soixantaine de jeunes, enfants des rues et étudiants en art. Il travaille aussi sur un projet autour d’une figure de sa famille qui le fascine : le père de sa mère, Van Chann, grand producteur de l’âge d’or du cinéma cambodgien dans les années 1960-1970, mystérieusement disparu en 1969.

Entre passé omniprésent et futur incertain

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