Dans « Autobahn », le rappeur SCH roule des mécaniques

0
12

A Paris, SCH est arrivé en grosse cylindrée à la soirée de lancement de son nouveau disque Autobahn, soit le nom du système autoroutier allemand. Logique, les gros moteurs, les démarrages bruyants, les marques de voitures de luxe, c’est un peu le fil rouge de sa mixtape diffusée dans la nuit du 18 novembre sur toutes les plates-formes de streaming. Un projet enregistré sur le vif avant un vrai album studio pour l’artiste masculin le plus streamé en 2021, histoire de se mettre en jambes. Faiseur de tubes indispensable du rap français, de Classico Organisé de Jul à 9113 de Zola, SCH, de son vrai nom Julien Schwarzer, fait aussi référence à sa première mixtape de 2015, A7, l’autoroute qui mène à sa ville natale Marseille. Il rappelle ainsi que c’est ce projet qui l’a imposé en France comme une des voix incontournables du genre : grave et posée, presque solennelle.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Musique : SCH se rêve en gangster dans les docks de Gibraltar

Avec ses raps, SCH visite toute l’Europe. Dans son précédent disque, JVLIVS II, le rappeur, qui incarnait un mafieux, surplombait le port de Gibraltar pour mieux observer le fret qui en partait. Cette fois-ci, c’est son propre parcours qu’il semble explorer, de ses origines modestes à sa réussite aujourd’hui flamboyante, quitte à être un peu lourdingue avec ses accélérations de moteur (assourdissants en final par exemple d’Offshore et en introduction d’Autobahn), qui donnent l’impression d’être sur une rocade d’une ville de province au milieu d’un rodéo moto. Tout ça n’est évident pas écologique mais si le rap était politiquement correct, ce ne serait plus vraiment du rap.

Punchlines insolentes

Ainsi la styliste britannique punk Vivienne Westwood à qui il dédicace le titre d’un morceau se retrouve curieusement associée aux moteurs allemands sans trop de logique. Cependant, des morceaux comme Marginaux, Offshore, Autobahn sont irrésistibles, et les punchlines insolentes. « Pour garer le Mercedes, il faut deux places », lance-t-il, flambeur dans le titre qui donne le nom à la mixtape, produite par Vito Bendinelli.

Cette mixtape a aussi l’atout de le voir rapper au côté de l’autre voix imposante du rap français, Dinos, avec qui il signe un très bon, Marginaux, à la ligne de basse style G-Funk. Dans Transmission Automatique, il invite un des jeunes rappeurs les plus en vue, So La Lune, au débit plaintif et nasillard pour Transmission Automatique. Sur ce titre, SCH reconnaît volontiers avoir un « cœur en plastique » et se montre bien plus introverti et meurtri dans Bleu Blanc : « Je me méfie des reuftons [frères] qui ont le palpitant trop près des poches », dit-il avant de finalement se livrer : « Je suis peut-être un sale con d’égoïste, je les ai toutes laissées le cœur blessé.  »

Il vous reste 10.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici