Avec « Unixsity », l’unité retrouvée de Sixun

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« Ce sont deux questions qui revenaient régulièrement depuis plusieurs années, raconte le bassiste Michel Alibo : “Quand est-ce que vous allez revenir ?” et “à quand un nouvel album studio ?” On nous l’a demandé à tous. » Signe de l’attachement du public à ce « vous » que sont les six membres du groupe de jazz Sixun, fondé en 1984. Et le nouvel album, le premier en studio depuis 2008, est bel et bien là, avec un titre, Unixsity, évocateur du nom du groupe et de son fonctionnement. Des personnalités fortes, mais pas de réel leader, « une démocratie, donc une conjonction de compromis », estime le saxophoniste Alain Debiossat.

Très actif dans les années 1980 et 1990 – sept albums en studio, un en public, des concerts menant des petites salles des débuts aux plus grands festivals un peu partout dans le monde –, Sixun se fit plus rare dans les années 2000. Une tournée des 20 ans, un album en studio en 2008. Et une longue pause durant les années 2010. Chacun menant ses propres groupes, sollicité pour diverses collaborations. L’envie de remettre en jeu Sixun est venue peu à peu, courant 2019. « On s’est dit : “Essayons ! Faisons un bœuf, voyons s’il y a le plaisir.” Et l’étincelle était intacte, c’était presque magique », se souvient le claviériste Jean-Pierre Como. Même sensation pour les autres.

Chaudron d’influences

Comme un rappel de la création de Sixun, à la suite de quelques bœufs en 1984, à Paris, avec, outre Alibo, Como et Debiossat, le batteur Paco Séry – tous s’accordent à dire qu’il a fait le lien entre les uns et les autres –, le guitariste Louis Winsberg et le premier percussionniste du groupe, Abdou Mboup. Dans les clubs parisiens, la scène dite du jazz-rock, de la fusion, est en pleine effervescence. Les six écoutent Miles Davis, celui de la période électrique de la fin des années 1960 et des années 1970, et les groupes de musiciens passés chez le trompettiste. De la pop aussi, du funk, de la musique classique. Un grand chaudron d’influences auxquelles s’ajoutent les racines africaines de Séry et de Mboup, le premier né en Côte-d’Ivoire, le second au Sénégal, et la Martinique pour Alibo, né à Paris.

Seul le poste de percussionniste va changer au cours des ans et verra se succéder Idrissa Diop, Jaco Largent, Arnaud Frank, Manolo Badrena et Nantha Kumar. Stéphane Edouard, qui arrive en 2005, est toujours de l’aventure. « Ils ont apporté leurs pratiques, des langages musicaux. Et c’est pour cela qu’ils ont chacun été l’un des six de Sixun, analyse Debiossat. Pas parce que l’on voulait aller plutôt vers l’Afrique à un moment, ou plutôt vers Porto Rico, quand Manolo était là, ou vers les musiques indiennes avec Nantha. »

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