Au Théâtre libre, à Paris, les « Odyssées » de Laure Grandbesançon franchissent avec succès le cap de la scène

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Dans son enfance, à Marseille, Laure Grandbesançon aimait déjà écouter les histoires que lui racontaient son père, un médecin passionné de voyages, et sa grand-mère maternelle, née à Shanghaï en 1917. Une femme à la vie mouvementée et nomade, de sa Chine natale à l’Algérie, puis au Bénin, pour finir en France, à Toulon, dans les années 1960 (sur les pas de son mari militaire). Sa petite-fille évoque d’ailleurs son souvenir sur scène, brièvement mais avec beaucoup d’émotion. Devenue grande, elle est restée fidèle à son goût pour les récits, tout d’abord sur les planches en prenant des cours de théâtre à Paris, parallèlement à ses études de philosophie à la Sorbonne, et à New York, puis à la radio sur France Inter comme chroniqueuse pendant trois saisons. Et, à partir de juin 2019, comme autrice et interprète du podcast destiné aux jeunes auditeurs « Les Odyssées ».

Avec plus de quatre-vingt-dix épisodes, dont quinze consacrés au Louvre et réalisés en plein confinement, ce podcast a atteint plus de 20 millions d’écoutes et se décline aussi en livres : un premier tome est sorti, en mai 2021, aux éditions Les Arènes, avec une sélection de douze histoires, et un deuxième, le 13 octobre, autour de quatre récits mythologiques et légendaires (l’Iliade et l’Odyssée, Robinson Crusoé et Le Roi Arthur).

Avec plus de quatre-vingt-dix épisodes, le podcast « Les Odyssées » a atteint plus de 20 millions d’écoutes

Forte de ses années de théâtre et de sa passion pour les destins hors du commun des héros et héroïnes, Laure Grandbesançon s’est lancé le défi un peu fou de transposer sur les planches ce succès radiophonique en adaptant pour la scène trois de ses histoires qu’elle raconte aux oreilles des enfants, et, bien souvent, de leurs parents aussi.

Pour relever ce pari, elle s’est associée avec plusieurs complices : le comédien Baptiste Belaïd, qui interprète à ses côtés Jimmy, le serveur du restaurant Happy Nouilles ; la metteuse en scène Charlotte Saliou ; les scénographes de la compagnie Cirque Le Roux, Grégory Arsenal et Philip Rosenberg (ces trois derniers ont déjà travaillé ensemble, notamment sur la création The Elephant in the Room, en 2016). En conjuguant leurs talents, ils parviennent à donner vie avec brio au célèbre Bureau des Odyssées, le QG secret où se retrouvent Laure et son fidèle Jimmy pour partir sur les traces des hommes et des femmes qui ont vécu de grandes aventures.

Inventions visuelles et sonores

Le duo à la Laurel et Hardy formé par Laure Grandbesançon et Baptiste Belaïd fonctionne particulièrement bien, grâce à une indéniable complicité, une remarquable énergie et une bonne dose d’humour. Ils arrivent à rendre vivantes et passionnantes, pour les plus petits (à partir de 6 ans) comme pour les plus grands, les trois « Odyssées » racontées en un peu plus d’une heure de spectacle. Une astucieuse mise en scène, truffée d’inventions visuelles et sonores, transforme, par un habile système de portes et de fenêtres coulissantes, le plateau tour à tour en navire, en tombeau couvert de hiéroglyphes et en vaisseau spatial à la dérive autour de la Lune.

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