au-delà du “Petit Nicolas”, cinq autres albums emblématiques du dessinateur

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Mort ce jeudi à l’âge de 89 ans, le célèbre dessinateur Jean-Jacques Sempé, co-créateur du “Petit Nicolas”, a publié de nombreuses autres œuvres tout au long de sa carrière.

Maître du dessin humoristique, le Français Jean-Jacques Sempé a publié quasiment un livre par an à partir des années 1960. S’il s’est fait connaître mondialement avec Le Petit Nicolas, le célèbre dessinateur compte des dizaines d’autres œuvres. Voici cinq autres albums emblématiques d’un des plus grands dessinateurs de l’histoire de la BD française.

• “Monsieur Lambert”

Fort du succès du Petit Nicolas, Sempé crée en 1965 Monsieur Lambert, un employé de bureau qui échappe par le rêve à sa médiocre condition. Tous les jours, il déjeune “Chez Picard”, discute football, politique et sexe avec ses collègues. Monsieur tout le monde affligé d’un crâne dégarni et d’un grand nez, il se raconte en playboy allumant de torrides passions.

Cet archétype, l’un des préférés de Sempé, est croqué sans méchanceté. “C’est l’absurdité des gens, les pauvres, un peu démunis à tous points de vue. Des braves gens qui, grâce à Monsieur Lambert, réussissent à se mentir à eux-mêmes, à s’inventer des histoires d’amour merveilleuses et à le faire croire aux autres”, confiait-il au Monde.

• “Saint Tropez”

Inutile de lire Bourdieu ou Les Caractères de La Bruyère, si l’on feuillette Saint Tropez, publié en 1968 et sa suite Saint Tropez forever, sortie en 2010. Saint Tropez: la fête, l’alcool, les lunettes noires et le Café Sénequier. Sempé y saisit un microcosme de vaniteux désœuvrés autour d’une piscine ou à bord d’un yacht.

“On parle beaucoup de la joie de vivre là-bas, mais j’en montre peu dans mes dessins. C’est la nature qui est heureuse à Saint Tropez”, expliquait-il dans Le Figaro, affirmant avoir eu “le tiers de ses idées sur la ville avant même d’y avoir mis les pieds”.

• “Sempé à New York”

Embauché en 1978 au célèbre magazine New Yorker, Sempé signe sa première Une en dessinant un employé de bureau prêt à s’envoler depuis la fenêtre de sa tour. Au fil d’une centaine de Unes, il trace son bonheur de vivre dans cette mégalopole, avec ses chats indolents, ses humains minuscules, sa frénésie, ses jazzmen et ses jardins cachés. L’éditeur Denoël rassemble tous ces dessins dans l’album Sempé à New York, publié en 2009.

• “Les Musiciens”

Emerveillé par Duke Ellington, le petit Sempé rêvait d’apprendre le piano. Mais, à l’époque, il était “plus facile de trouver un crayon et du papier qu’un piano.” Ce qui l’inspire le plus, ce sont les musiciens. Pourtant, il mettra sept ans à finir cet album éponyme et attendra 1980 pour le publier.

Son plaisir est d’y saisir le bonheur des musiciens du dimanche: un pianiste blanc, chauve, tout heureux de jouer du ragtime à Harlem; un quatuor de petites dames violonistes qui attendent leur train dans une gare immense ou encore un moustachu portant noeud papillon qui agite avec contentement des maracas … “Ne boudons pas le bonheur des gens”, disait-il.

• “Raoul Taburin”

Sempé acquiert son premier vélo à 16 ans alors qu’il travaille comme livreur de vin à Bordeaux. De cette découverte tardive du bonheur de pédaler, il va tirer plusieurs albums et un nouvel héros modeste qu’il prénomme Raoul Taburin.

Dans une petite commune imaginaire de Saint-Céron, ce marchand de bicyclettes cache un lourd secret: il ne sait pas monter à vélo. Un film en 2019 avec Benoît Poelvoorde et Edouard Baer reproduit la poésie tendre et absurde de ce personnage gentiment fantasque.

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