Architecture : à Bruges, les cabanes ludiques et désirables de l’école Frida-Kahlo

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Si l’architecture est beaucoup trop souvent abordée comme un moyen pour atteindre le plus vite possible des objectifs chiffrés, on trouve encore des maîtres d’ouvrage convaincus des bienfaits qu’elle peut produire et prêts à lui donner du temps pour bien incuber. Maire de Bruges (divers gauche), petite commune en plein boom démographique située en lisière de Bordeaux, et vice-présidente de la métropole bordelaise, Brigitte Terraza est de ceux-là.

Avec l’école Frida-Kahlo, qui a ouvert ses portes en septembre, cette ancienne directrice d’hôpital a voulu faire un projet exemplaire et novateur, tant sur le plan environnemental que social. Pas question de bouleverser les fondamentaux de l’école publique ni d’aller plus loin que ce que permettaient, au moment du concours, les normes de la construction, mais construire une école en phase avec les défis de notre époque demande au minimum de sortir des sentiers battus, de venir à bout de nombreux réflexes et habitudes.

Offerte à l’appropriation

Le projet lauréat a été désigné à l’issue d’un dialogue compétitif, procédure qui s’étale sur plusieurs mois et qui vise à accorder, par ajustements successifs, les visions des équipes avec les besoins des futurs usagers. Conçu par Chloé Bodart, disciple de Patrick Bouchain, qui a fondé son agence, Compagnie architecture, à Bordeaux il y a dix ans, et son associé Jules Eymard, avec le concours de l’entreprise Charpente Cénomane, spécialisée dans la construction bois, le projet lauréat se compose de cinq grosses cabanes de gabarits différents, disposées dans une cour aux contours irréguliers.

La cour de récréation du groupe scolaire Frida-Kahlo, avec le toboggan tubulaire, à Bruges (Gironde), le 6 septembre 2022.

Un petit monde tout en bois ou presque, à la fois clos et ouvert sur son environnement, qui n’a jamais la même apparence selon l’endroit depuis lequel on le regarde. L’hétérogénéité y règne en maître, comme dans la nature, et l’architecture est intégralement offerte à l’appropriation, depuis le toit des maisons jusqu’aux interstices qui les séparent, ces espaces qu’on dit sans qualité, mais qui, livrés à l’imagination des enfants, deviennent souvent les plus désirables. On pense aux écoles qui ont fait la renommée de l’agence japonaise Tezuka, ces bâtiments annulaires dont le toit pentu offre un terrain de jeu infini, le côté aérodynamique en moins.

Recouverte d’un épais manteau de copeaux de bois, sillonnée par une piste en caoutchouc, rythmée par des petits monticules plantés, la cour se prolonge, au premier étage, par une passerelle qui file d’un bâtiment à l’autre, se dilate par endroits pour former des terrasses aménagées, donne accès aux salles de classe, mais aussi à un toboggan tubulaire, vedette incontestée du lieu, au grand préau qui coiffe l’un des bâtiments, à la petite serre qui trône sur le toit d’un autre…

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