- Quatre stations-service indépendantes sur dix pourraient disparaître d’ici à 2035, faute de pouvoir financer le passage à l’électrique, selon la fédération Mobilians.
- Ce sont surtout les zones rurales et périurbaines qui seraient touchées, soit près de 1.500 stations au total.
- La flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient aggrave encore une situation déjà très fragile.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
C’est une alerte qui tombe mal. Alors que les prix à la pompe s’envolent depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la fédération Mobilians, principal syndicat patronal des entreprises de l’automobile, avertit ce jeudi que 40% des stations-service indépendantes pourraient fermer d’ici à 2035. Soit près de 1.500 stations, dont une large majorité situées en zones rurales ou périurbaines, là où il n’y a souvent pas d’alternative et peu d’offre concurrente à proximité.
Il faut dire que le tableau financier de ces stations de proximité et « essentielles alliées de la mobilité des Français »
est sombre : en 2025, « près d’une sur deux a dégagé un résultat annuel inférieur à 30.000 euros et plus d’un tiers n’a plus la capacité de financer les investissements nécessaires pour
installer des bornes de recharge
(nouvelle fenêtre) et moderniser leurs équipements »
, comptabilise Mobilians. Les raisons à cela sont multiples, entre une rentabilité déjà faible, des volumes de carburant en baisse et une concurrence de plus en plus féroce de la grande distribution, qui fait chuter la fréquentation (nouvelle fenêtre).
Le coup de grâce de la guerre au Moyen-Orient
D’autant que cette étude a été réalisée avant la flambée des prix (nouvelle fenêtre) provoquée par le conflit en cours au Moyen-Orient. Or la situation est particulièrement cruelle pour les indépendants, car contrairement aux stations des grandes surfaces, ils ne peuvent pas compenser une stratégie des prix bas (nouvelle fenêtre) par d’autres activités.
Résultat : le risque de faillite s’en trouve encore accru, avec un risque d’effet domino sur les usagers. « Ces stations constituent un maillage de proximité essentiel, allié de la mobilité des Français et de la décarbonation du parc automobile
, fait valoir Mobilians. Leur disparition progressive entraînerait un allongement des distances d’accès au carburant, une dégradation du service rendu aux usagers et une fragilisation directe de la mobilité »
.
Alors pour éviter leur fermeture, la fédération réclame au gouvernement un plan national d’accompagnement et de transformation de ces stations, pour les aider à « déployer des solutions multiénergies – électrique, hydrogène, biocarburants – indispensables à la décarbonation des mobilités »
. Et peut-être éviter que le maillage territorial ne se désagrège.




