La tristesse est unanime et la colère dans tous les camps politiques. Quelques heures seulement après avoir appris que le corps d’un enfant, « porteur de vêtements similaire » à ceux de Lyhanna, avait été découvert ce jeudi 4 juin, la classe politique française a condamné dans son ensemble cette affaire, signe de profonds dysfonctionnements de la justice.
« C’est révoltant (…). Il est temps que ça change », écrit sur X la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, qui dit penser aux parents d’une jeune fille qui « n’a pas été protégée puisqu’on a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes ».
« Notre pays est maltraitant avec les enfants, et je suis sincèrement bouleversée que Lyhanna en soit la dernière victime », tranche la candidate à l’élection présidentielle avant d’attaquer « la culture patriarcale qui nous gangrène depuis des millénaires ».
Même critique du côté de Mathilde Panot, cheffe de file des députés insoumis à l’Assemblée nationale, qui regrette sur X « tant de temps gâché, de témoignages et de plaintes ignorés ».
« Immenses pensées ce soir pour Lyhanna, pour ses parents, ses proches. Pour toutes celles et ceux qui sont étreints par l’effroi et la colère », écrit-elle.
« C’est le résultat de la domination patriarcale systémique, d’années de sous-financements de la justice, de mépris de la parole des enfants. Des années à refuser de voir la déflagration que sont les violences faites contre eux dans notre société », résume l’insoumise.
« Notre système judiciaire est une faillite »
Bruno Retailleau a de son côté pointé du doigt une affaire où « tout est révoltant », sur X. « Le suspect était déjà connu de la justice. La lenteur des procédures, la lourdeur administrative, la déresponsabilisation partagée », énumère-t-il.
Le patron des Républicains juge que « notre système judiciaire est une faillite » et qu’il faudra le « réformer en profondeur », évoquant « une urgence vitale ».
Pour Jordan Bardella, le pays tout entier « est horrifié par le destin tragique de la jeune Lyhanna », mais aussi « révolté par l’inaction des pouvoirs publics » en raison des nombreuses plaintes et signalements visant le suspect mais n’ayant abouti à aucune audition.
« Ce drame terrible aurait pu, aurait dû, être évité, si l’institution judiciaire n’avait pas connu de tels dysfonctionnements. L’État a très lourdement failli et le peuple français exige des comptes », écrit le président du Rassemblement national.
Autre candidat à l’élection présidentielle, Édouard Philippe se dit « triste et en colère » et s’interroge: « quand la parole d’un enfant est recueillie ou signalée, pourquoi toute la chaîne de l’État ne se met-elle pas immédiatement en alerte? ».
Celui-ci appelle à « créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants » en priorisant les plaintes déposées par les mineurs et en accélérant les procédures. « La parole des enfants compte. Écoutons-la. Protégeons-les », écrit le maire du Havre et patron d’Horizons.
À l’heure où les critiques fusent sur le fonctionnement de la justice dans l’affaire Lyhanna, le porte-parole du ministère de la Justice a admis jeudi soir sur le plateau de BFMTV l’existence d’un « dysfonctionnement » de l’État et « des trous dans la raquette ».
Gérald Darmanin, le ministre de la Justice lui même, a considéré comme « tout à fait inacceptable » ce jeudi soir la lenteur du traitement des plaintes autour du suspect de l’affaire Lyhanna. Sébastien Lecornu réunit justement Gérald Darmanin et son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez pour un point de situation ce vendredi matin.
Article original publié sur BFMTV.com




