lundi, janvier 26
Dans le centre-ville de Marseille, le 20 janvier 2026.

Près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale dans l’accès au logement, selon un testing dévoilé dimanche 25 janvier par SOS Racisme, dont les résultats montrent que « le chemin est encore long » pour la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, qui a annoncé une formation obligatoire pour les agents.

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Pour cette campagne de testings menée en 2025, l’association a contacté 198 agences immobilières appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Ses militants se sont fait passer pour des propriétaires souhaitant mettre leur bien en location, en demandant exclusivement des profils « européens » pour éviter des « problèmes de voisinage ».

Sur ces 198 agences, près d’une sur deux (96, soit 48,48 %) ont accepté soit de discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial (pour 48, soit 24,24 %), soit d’être complices de discrimination (48 aussi, qui ont permis ou encouragé que le propriétaire fasse cette sélection), selon le rapport, dévoilé par Le Parisien et que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter.

Au total, 102 agences (soit 51,52 %) ont refusé de discriminer et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine. Cette étude « met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal », a dénoncé l’association dans un communiqué.

Formation obligatoire

Interrogée par Le Parisien au sujet de ces résultats, Aurore Bergé a rappelé que « la discrimination est illégale » et a estimé que « le rapport de SOS Racisme montre que le chemin est encore long ». Elle a annoncé la mise en place d’une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. Actuellement, une formation est obligatoire uniquement pour les détenteurs d’une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents.

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Un décret sera signé « dans les toutes prochaines semaines, avec le ministre du logement [Vincent Jeanbrun] », a-t-elle dit dans cet entretien. Selon elle, la « formation continue facultative actuelle est insuffisante, car seuls ceux qui sont déjà convaincus s’en emparent ».

L’enquête « ne fait que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées », a réagi auprès de l’AFP le président de la Fnaim, Loïc Cantin. « C’est un véritable fléau, a-t-il ajouté. Pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction. »

Il s’agit de la troisième campagne de testing menée par SOS Racisme sur le sujet, après de précédentes enquêtes en 2019 et 2022. La situation ne s’est pas améliorée par rapport à 2022 : sur 136 agences, 51,5 % refusaient alors toute discrimination et 48,5 % acceptaient ou facilitaient des demandes discriminatoires (avec 25 % d’acceptation directe et 23,5 % de complicité).

Dans un courrier adressé dimanche aux députés, consulté par l’AFP, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, les appelle à « parler haut et fort » contre les discriminations et à « agir contre les ruptures d’égalité ».

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Le Monde avec AFP

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