mercredi, janvier 7

Tessa Raimbault avait 17 ans, elle était en terminale et conversait avec son petit ami au téléphone en marchant le long de la route quand elle a été percutée. Celui qui est accusé de l’avoir involontairement tuée, le 20 décembre 2018, aux alentours de 19 h 30, est assis dans le box du tribunal correctionnel de Nantes, lundi 5 janvier.

Voilà quatre heures qu’Anthony E., 27 ans, oppose la même phrase mécanique à tous ceux – la présidente, la procureure, l’avocat de la famille de Tessa – qui tentent tour à tour de le convaincre de parler : « Je ne suis pas l’auteur de l’accident. C’est pas moi qui ai tué Tessa Raimbault. » Alors, la mère de Tessa s’est levée et a marché, chancelante, jusqu’au prétoire. Son père aussi, un peu en retrait. Florence Jouve a saisi la chaise qu’on lui avançait et l’a tournée vers le box. Sept ans, dit-elle, qu’elle attend ce moment.

Le 20 décembre 2018, en arrivant dans sa maison de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique), elle s’était inquiétée de l’absence de sa fille et était partie à sa recherche. Sur la route, près du hameau, les baskets et le sac de Tessa étaient apparus dans les phares de sa voiture et Florence Jouve avait « tout de suite compris ». Les mains de sa fille étaient déjà froides quand les pompiers l’ont emportée.

Il buvait trop

Aux parents de Tessa les gendarmes avaient assuré que l’enquête serait rapide. Ils avaient repéré des traces de chenilles sur la chaussée. Un engin agricole ou de chantier. Le chauffard était donc forcément des environs. Peut-être même passait-il tous les jours devant le petit autel que Florence Jouve avait dressé pour sa fille. Peut-être aussi le croisait-elle à la boulangerie.

Comme 323 autres personnes du hameau et de ses environs, Anthony, son père et son demi-frère avaient été entendus comme témoins. Le père dirigeait une entreprise de terrassement dans la commune, Anthony y travaillait avec son demi-frère, il conduisait les engins, ça ne se passait pas bien, il buvait trop. Quand les gendarmes s’étaient intéressés à eux, ils venaient justement de vendre l’un de leurs engins de chantier. Cependant, l’enquête n’avait pas abouti. Les mois, puis les années avaient passé et, au début de juin 2023, la justice, impuissante, avait refermé le dossier.

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