L’année 2026 devra être « utile », a insisté Emmanuel Macron le 31 décembre 2025, lors de ses vœux aux Français. Pourtant, dès les premiers jours de janvier, deux dossiers, le budget et le Mercosur, viennent accréditer l’idée inverse, celle d’une France immobile, bloquée.
Samedi 10 janvier, les députés ont rejeté en commission le budget de l’Etat, au terme de près de trente heures de discussion qui n’ont pas permis de dessiner un accord, six semaines après le rejet du texte à la quasi-unanimité dans l’Hémicycle. Retour à la case départ. « Le gouvernement doit jouer son rôle sans tarder », s’est impatienté, dimanche 11 janvier dans Libération, l’ancien ministre de l’économie Eric Lombard, qui parle de « sclérose » et met en garde : « Gouverner c’est transformer, ce n’est pas durer. » Devant ses interlocuteurs, le premier ministre, Sébastien Lecornu, jure que sa méthode « fonctionne » et qu’il est normal de prendre du temps pour faire adopter un budget. Mais ce jour sans fin épuise les protagonistes et donne le sentiment aux Français que « l’immobilisme tient lieu de politique », selon les mots du directeur général du pôle opinion de l’IFOP, Frédéric Dabi.
Même sentiment d’impuissance sur le front européen : l’Union européenne s’apprête à valider le traité de libre-échange avec des pays d’Amérique latine malgré l’opposition de Paris, qui n’a pas su se faire entendre, ni imposer une minorité de blocage, sur fond de crise agricole endémique. Même si M. Macron assure que la signature de l’accord « ne constitue pas la fin de l’histoire », ce dossier illustre la perte d’influence de la France, plombée par un déficit abyssal, sur la scène européenne.
Fin de règne
L’interminable marathon budgétaire et le Mercosur : deux symptômes de l’impuissance politique, alors que tout appelle au mouvement. Cette impuissance est consubstantielle aux fins de règne. A l’instar des dirigeants empêchés de se représenter, M. Macron est un lame duck (« canard boiteux » en anglais) ayant perdu son autorité. Le pari raté de la dissolution de l’Assemblée nationale, en juin 2024, qui l’a privé de majorité et a enfermé le pays dans une instabilité chronique, a encore alourdi ces pesanteurs. Sans que les forces politiques, coresponsables du blocage, tentent d’y remédier.
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