vendredi, mars 6

Alors que la planète se rapproche de dommages irréversibles, des animaux sauvages aux quatre coins du monde mènent, dans l’ombre, leur propre combat contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité.

Malgré les alertes répétées des scientifiques, les humains continuent d’asphyxier l’atmosphère avec des gaz à effet de serre, faisant grimper la température moyenne mondiale d’environ 1,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Cela a déclenché des épisodes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, provoqué des milliers de morts évitables et entraîné des dommages se chiffrant en milliers de milliards d’euros.

Les activités humaines comme la déforestation et l’élevage intensif ont également ravagé la biodiversité, poussant de nombreuses espèces au bord de l’extinction.

Mais, en coulisses, les animaux sauvages mettent à profit leurs comportements naturels pour atténuer une partie du chaos que nous avons provoqué. Sans eux, la prospérité future de notre planète est en péril.

À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, le 3 mars, Euronews Green met en lumière le travail méconnu de ces animaux dignes de super-héros.

« Les animaux sauvages ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre le changement climatique, il est donc essentiel de mettre en place des politiques qui améliorent leur bien-être tout en protégeant et en restaurant leurs populations », explique Ed Goodall, spécialiste des politiques climatiques à la World Federation for Animals (source en anglais).

« Protéger la faune sauvage et ses habitats ne relève pas seulement d’un devoir moral : c’est le chaînon manquant dans la lutte contre le plus grand défi de notre époque. »

Éléphants et tigres, réservoirs de carbone

Sur cette photo d’archives datée du 3 mars 2013, des éléphants boivent de l’eau dans le parc national de Chobe, au Botswana. – Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved.

Les grands herbivores comme les éléphants jouent un rôle majeur dans les écosystèmes et les cycles biogéochimiques.

Une étude de 2019 publiée dans la revue scientifique Nature (source en anglais) a montré que la diminution de la densité de troncs forestiers due à la présence d’éléphants dans les forêts tropicales d’Afrique modifiait la concurrence pour la lumière, l’eau et l’espace entre les arbres. Selon les chercheurs, ces changements favorisent l’émergence d’arbres plus grands, au bois plus dense et diversifié, qui peuvent pomper davantage de carbone présent dans l’air.

Selon le WWF, on estime qu’un seul éléphant de forêt peut augmenter la capacité nette de capture de carbone d’une forêt sur une superficie équivalente à près de 250 acres. Cela équivaut au retrait, de l’atmosphère, d’une année d’émissions de 2 047 voitures.

Une étude publiée l’an dernier par l’éditeur scientifique Wiley a montré que les forêts abritant des tigres autochtones tendent à stocker jusqu’à 12 % de carbone en plus par hectare. Cela s’explique par le fait que les tigres y régulent les populations de cerfs et de sangliers, qui autrement empêcheraient les arbres et les plantes de se développer.

Des mammifères fouisseurs qui améliorent les sols

Gros plan sur un échidné en Australie.

Gros plan sur un échidné en Australie. – Enguerrand Photography via Unsplash.

En Australie, des espèces comme le bétong et l’échidné creusent des terriers et des fosses dans les zones boisées. Ces cavités retiennent naturellement les feuilles mortes et enrichissent les sols en nutriments, ce qui peut aider à séquestrer davantage de carbone.

Selon la World Federation for Animals, ces mammifères fouisseurs contribuent aussi à retenir l’humidité dans des forêts de plus en plus sèches et vulnérables aux incendies. Nombre des incendies qui ont ravagé l’Europe l’an dernier ont été rendus plus probables par le réchauffement climatique d’origine humaine, qui fait grimper les températures.

Les oiseaux marins, alliés des récifs coralliens

Une colonie d’oiseaux marins (guillemots) en Écosse. – Kristin Snippe via Unsplash.

Des apports excessifs en nutriments sont nocifs pour les récifs coralliens et les milieux aquatiques : ils provoquent d’énormes proliférations d’algues qui consomment l’oxygène et peuvent étouffer la vie marine.

Dans la mer Baltique, des activités humaines comme le rejet d’eaux usées non traitées et l’utilisation d’engrais étouffent littéralement les eaux. En revanche, des apports naturels de nutriments peuvent, eux, favoriser la croissance des coraux et le bon fonctionnement des récifs.

Les oiseaux marins se nourrissent au large puis regagnent les îles pour se reposer et nicher. Les nutriments présents dans leurs déjections sont ensuite lessivés vers les récifs voisins.

Une étude publiée en 2024 dans Nature a montré que les colonies de coraux situées près d’une île abritant une forte densité d’oiseaux marins présentaient des taux de calcification – la vitesse à laquelle les coraux bâtisseurs de récifs construisent leur squelette – jusqu’à 2,7 fois plus élevés que ceux de colonies proches d’une île voisine où les oiseaux sont peu nombreux.

Les tortues vertes, vecteurs de graines d’herbiers marins

Une tortue verte glisse dans l’océan lors d’une plongée à Sipidan, au large de Bornéo, en Malaisie. – Jesse Schiff via Unsplash.

Après un spectaculaire rebond ces derniers mois, les tortues vertes en Australie consomment des graines d’herbiers marins et les disséminent ailleurs, emportant parfois ce précieux réservoir de carbone jusqu’à 650 km de distance.

Les dugongs, surnommés « vaches marines », participent eux aussi à la dispersion des herbiers, y compris dans la Grande Barrière de corail, de plus en plus menacée.

Les castors, remparts contre les inondations

Un castor assis au bord de l’eau, de la boue dans la gueule. – Derek Otway via Unsplash.

Véritable animal super-héros, le castor et sa capacité à construire des barrages offrent une protection naturelle contre les inondations. C’est d’autant plus crucial dans un monde qui se réchauffe : pour chaque degré de plus dans l’air, l’atmosphère peut contenir environ 7 % d’humidité supplémentaire, ce qui peut provoquer des pluies plus intenses et plus abondantes.

L’an dernier, une famille de castors a fait la une après avoir construit un barrage exactement à l’endroit où les autorités prévoyaient d’en ériger un, en Tchéquie. Elle a ainsi permis d’économiser aux contribuables quelque 30 millions de couronnes tchèques (1,2 million d’euros).

Les barrages de castors font aussi office de coupe-feu naturel : des recherches montrent que les zones aménagées par ces animaux sont trois fois moins touchées par les incendies de forêt. Cela permet à la végétation de rester verte et luxuriante et protège des zones essentielles d’absorption du carbone.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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