jeudi, juillet 16

  • Face à un incendie, les pompiers doivent faire face à un ennemi invisible : le feu de tourbe, qui continue de brûler sous terre même après l’extinction des flammes en surface.
  • Un phénomène qui peut se propager à des centaines de mètres et nécessite un travail de plusieurs jours, voire plusieurs mois.
  • Explications dans le reportage du 20H de TF1.

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La nuit a été « calme » sur le front des feux dans la forêt de Fontainebleau, qui ont ravagé 2.000 hectares depuis dimanche, et où doit se rendre Emmanuel Macron dans la matinée, ont indiqué jeudi les pompiers. Le quasi-millier de pompiers qui luttent depuis quatre jours contre plusieurs incendies va recevoir le renfort de 120 militaires du génie en provenance de l’est de la France, habitués à préparer terrain et infrastructures. 

En effet, compte tenu de la tourbe et du sable qui font la composition de cette forêt renommée, les pompiers sont contraints de s’attaquer à chaque souche d’arbre qui reprend car l’incendie peut repartir de plus belle un peu plus loin. Ils sont ainsi obligés de « noyer » chaque petit foyer d’incendie avec le renfort des largages aériens, mais aussi de retourner la terre avec des bêches, un travail fastidieux qui demande beaucoup de main-d’œuvre. 

Ainsi, comme on peut le voir dans le reportage de TF1, à retrouver en tête de cet article, les pompiers se précipitent vers les flammes, déterminés à ne pas les laisser progresser. Toute la journée, ils restent à l’affût du moindre nouveau départ de feu : « Le vent s’est levé et le terrain est propice à ce que ça couve. Dès qu’il y a un peu de vent, le feu renaît immédiatement », explique dans le reportage en tête de cet article le capitaine Ludovic Menesclou. Les soldats du feu font face « à trois ou quatre reprises », est-il précisé. « des feux pas importants mais qu’il faut vite maîtriser ».

Les pompiers doivent affronter un autre danger, invisible celui-là : le feu de tourbe, ce mélange très sec de matière végétale en décomposition. Même s’ils parviennent à éteindre les flammes à la surface, la tourbe peut continuer de brûler sous terre pendant plusieurs jours. Et surtout, elle peut se propager sans que personne s’en aperçoive à des centaines de mètres plus loin et provoquer un nouvel incendie.

« Nous avions relevé des températures de plus de 300 degrés en profondeur »

Il faut donc traquer ces braises jusque sous la terre à l’aide de pioches, puis les noyer : « En surface, le sol est humide, mais dès qu’on commence à gratter, on se rend compte que c’est tout sec », précise un sapeur-pompier à TF1. « La chaleur et les flammes vont dans le sol. Ce travail prend du temps et de l’énergie, il faut retourner la terre et remouiller ». La nuit, c’est avec des drones équipés de caméras thermiques que les pompiers repèrent les points chauds sous terre.

Ce travail prendra des jours, peut-être même des mois. En 2022, après le feu de Landiras en Gironde (33), il avait fallu attendre plus de deux ans avant d’éteindre définitivement les dernières braises qui couvaient sous la terre. « Nous avions relevé des températures de plus de 300 degrés en profondeur », explique Philippe Harguindeguy, de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. « Nous avions développé des dispositifs innovants avec des lances à haute pression qui ont pour objectif de bien pénétrer en profondeur dans le sol ». Des bulldozers avaient également retourné des tonnes de terre afin d’empêcher le feu de se propager.

La rédaction de TF1info | Reportage : Pierre CORRIEU, Célia GIUSFREDI et Emma LIKAJ

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