jeudi, mars 26

  • Le Baromètre sur la diversité, l’équité et l’inclusion en entreprise, réalisé par l’institut Ipsos BVA, montre que les salariés soutiennent la politique de leur entreprise en la matière.
  • Mais le sentiment de prise en charge et de l’efficacité de ses politiques recule nettement.

Où en est la politique de Diversité, Equité et Inclusion (DEI) en entreprise ? Le baromètre annuel, mené en février 2026 par AFL Diversity et Ipsos BVA, avec le support de Bain & Company, montre que les salariés la soutiennent, mais qu’elle doit encore porter ses fruits. Dans ce baromètre, le terme « Diversités » désigne les personnes s’identifiant à au moins une des catégories suivantes : diversité sociale, apparence physique, diversité culturelle, situation de handicap, senior ou LGBT+.

Près des deux tiers (64%) des 1.500 salariés âgés de 18 ans et plus, interrogés en ligne, déclarent appartenir à au moins une forme de diversité. Il s’agit d’une augmentation de six points par rapport à 2023. Un tiers des personnes interrogées (34%) s’identifient même à plusieurs formes de diversité. « Cette évolution traduit une complexification des situations de diversité. Ce niveau élevé met en évidence l’imbrication des situations de diversité et souligne la nécessité d’adopter une approche transversale et intersectionnelle plutôt qu’un traitement indépendant des sujets », analysent les auteurs de l’étude.

Mais sur cette période, la part des salariés reconnaissant des progrès dans ce domaine chute de onze points à 65%. Les auteurs de l’étude pointent une concurrence accrue des priorités en entreprise : « Pression économique persistante, enjeux liés à l’intelligence artificielle, contexte géopolitique instable… »

L’étude montre que les deux tiers des salariés (65%) soutiennent les politiques de diversité, équité et inclusion. Mais de moins en moins de militants s’engagent (-11 points en trois ans). Pire, un quart des salariés (25%) se déclarent ouverts à un arrêt de ces politiques. Davantage d’hommes, d’ouvriers et de personnes concernées par une forme de diversité craignent des politiques de discrimination inversées, une mise à l’index et une stigmatisation. 30% des salariés interrogés remettent en cause le principe de méritocratie. « Les positions critiques relèvent moins d’un rejet de principe que d’interrogations sur les modalités et les effets des politiques DEI », analysent les sondeurs.

Passer à l’action

En 2026, 66% des salariés interrogés considèrent que l’engagement de leur entreprise peut empêcher les discriminations. Ce chiffre important masque une érosion de onze points par rapport à la précédente enquête. Cette baisse marquée « traduit une exigence accrue de résultats tangibles », préviennent les auteurs de l’étude. Ils suggèrent que les salariés réclament davantage de pédagogie sur ces politiques qui consistent à donner les mêmes opportunités à toutes et tous et à corriger de potentielles inégalités. Les personnes interrogées souhaitent également plus de transparence sur les objectifs poursuivis et des actions concrètes qui dépassent les ambitions mises en avant. « Les salariés en situation de handicap ou présentant une diversité liée à l’apparence physique déclarent davantage de difficultés à se sentir pleinement inclus et acceptés tels qu’ils sont », ajoutent les sondeurs.

Sur le terrain, les salariés observent un recul du sentiment de prise en charge des différentes diversités par les entreprises : -10 points pour la neurodiversité, -7 points pour le handicap, -4 points pour l’égalité femmes-hommes et -4 points pour les personnes LGBT+ et la diversité physique. « Les expériences de discrimination persistent et les besoins des salariés restent réels », regrettent les sondeurs. Entre 16% et 19% des salariés appartenant à au moins une diversité ont subi, au cours des cinq dernières années, des refus d’opportunités (augmentation, promotion, participation à des projets) fondés sur des critères perçus comme discriminatoires. « Au-delà des expériences individuelles, 31% des salariés déclarent avoir été témoins de comportements discriminatoires dans leur environnement de travail. Près d’un salarié sur cinq (19%) indique connaître au moins un collègue ne se sentant pas inclus ou accepté en raison de ses différences », insistent-ils.

Les salariés attendent désormais des résultats concrets et mesurables : « La légitimité repose désormais sur la capacité des entreprises à démontrer l’impact réel de leurs actions. Elles ont la responsabilité de poursuivre leurs efforts et de déployer en priorité les leviers considérés comme essentiels par les salariés », concluent les auteurs de l’étude.

Geoffrey LOPES

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