dimanche, février 1
Des manifestants se rassemblent pour soutenir le président tchèque, Petr Pavel, sur la place de la Vieille-Ville, à Prague, le 1ᵉʳ février 2026.

Des dizaines de milliers de Tchèques se sont rassemblés à Prague, dimanche 1er février, pour soutenir le président du pays, le pro-ukrainien Petr Pavel, dans son bras de fer avec le gouvernement nationaliste du milliardaire Andrej Babis.

Les organisateurs du mouvement citoyen indépendant Un million de moments pour la démocratie affirment que jusqu’à 90 000 personnes ont manifesté, certaines brandissant des drapeaux tchèques, européens et ukrainiens.

Le gouvernement issu des élections législatives d’octobre 2025 est composé du parti attrape-tout ANO et de deux formations eurosceptiques, le parti d’extrême droite SPD et celui de droite Motoristes. La question de la nomination d’un ministre controversé et le soutien à l’Ukraine ont creusé le fossé avec Petr Pavel, qui préside ce pays de 10,9 millions d’habitants depuis 2023.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Tchéquie, Andrej Babis et ses alliés d’extrême droite s’accordent sur un programme de gouvernement très eurosceptique

« Nous sommes ici pour montrer au président qu’il n’est pas seul ; le diable de la dictature ne dort jamais et nous devons rester vigilants », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Alena Krotka, une retraitée qui avait manifesté contre le régime communiste à Prague, sur cette même place, en 1989.

Mardi, Petr Pavel a publié des messages dans lesquels le ministre des affaires étrangères, Petr Macinka, également président des Motoristes, le menace de représailles s’il ne nomme pas son camarade de parti Filip Turek à l’environnement. Ce dernier, ex-député européen, fait l’objet d’une enquête pour violences conjugales et viol après une plainte déposée par son ancienne compagne.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En République tchèque, Filip Turek, le « motoriste » trumpiste qui joue avec les symboles nazis

Messages misogynes et racistes

Les médias ont par ailleurs dévoilé des messages misogynes et racistes de M. Turek sur les réseaux. La police a aussi enquêté sur des soupçons de possession d’objets nazis et de salut hitlérien, avant de classer l’affaire. Le président a refusé de nommer M. Turek, jugeant que ses actes « soulèvent des doutes quant à sa loyauté envers les valeurs inscrites dans la Constitution tchèque ».

M. Macinka, qui détient aussi le portefeuille de l’environnement, a interdit mardi à un journaliste ayant publié les messages controversés de M. Turek de participer à une conférence de presse.

L’opposition parlementaire a lancé une motion de défiance contre le gouvernement la semaine prochaine, mais elle ne devrait pas mettre en danger le cabinet de M. Babis, dont la coalition est majoritaire au Parlement. « Le chantage sans précédent exercé sur le président par Petr Macinka est absolument inacceptable. Cela n’a pas sa place dans une culture démocratique », a déclaré le mouvement sur Facebook.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La Tchéquie va finalement continuer de livrer des munitions à l’Ukraine

En 2019, l’action citoyenne avait rassemblé quelque 250 000 personnes lors d’un rassemblement contre M. Babis au cours de son premier mandat, l’accusant de corruption et l’exhortant à démissionner.

Le Monde Mémorable

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Newsletter abonnés

« International »

L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

S’inscrire

Une nouvelle manifestation sera organisée si la récente pétition intitulée « Nous soutenons le président », lancée à l’initiative du mouvement citoyen et déjà forte de plus de 622 000 signatures, en recueille plus d’un million. « J’apprécie profondément tous ceux qui ne restent pas indifférents à ce qui se passe autour d’eux et qui se sentent responsables de l’état de notre pays », a réagi dimanche le chef de l’Etat sur X.

MM. Pavel et Babis s’affrontent également sur l’envoi d’avions de chasse fabriqués localement à l’Ukraine : alors que le président soutient la livraison de quatre appareils L-159, le gouvernement, qui s’oppose à l’aide militaire à Kiev, justifie son refus en affirmant que Prague en a besoin.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En République tchèque, la rupture à pas comptés d’Andrej Babis avec le soutien à l’Ukraine

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version