- Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes encouragent à prendre de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques, pour affiner le nez notamment.
- Non seulement ces traitements ne sont pas efficaces pour cela, mais ils présentent aussi des « risques graves » quand ils sont utilisés hors de leur usage autorisé, alerte l’ANSM.
- L’agence sanitaire évoque des risques psychiatriques et sur le foie, mais aussi de malformations du fœtus chez les femmes enceintes.
De prétendus traitements miracles pour affiner le nez et lisser le grain de peau… qui peuvent représenter un vrai danger pour la santé. L’Agence française de sécurité du médicament (ANSM) a alerté, jeudi 12 mars, sur les « risques graves »
liés aux usages détournés de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques, une tendance observée sur les réseaux sociaux. Ces médicaments sont pourtant réservés aux acnés sévères « résistantes »
(nouvelle fenêtre), dont la prescription est « soumise à des règles strictes »
, insiste-t-elle.
Ces médicaments à base d’isotrétinoïne sont « actuellement promus sur les réseaux sociaux à des fins esthétiques »
, comme un « nez plus fin »
ou une « peau plus nette »
, et ce « en dehors de leurs indications thérapeutiques autorisées »
, constate l’ANSM dans un communiqué (nouvelle fenêtre).
Des « effets indésirables graves » redoutés, « y compris à faible dose »
Cette tendance, relayée début janvier par Kendall Jenner, célèbre mannequin de la famille Kardashian, a connu un regain de visibilité. « J’ai pris Roaccutane pour soigner mon acné, et il y a une théorie sur TikTok selon laquelle Roaccutane ferait rétrécir le nez. Et je vous jure que c’est vrai »
, a-t-elle raconté dans le podcast de l’acteur américain Owen Thiele. Or, ces médicaments, que ce soit le Roaccutane en gel et Isotrétinoïne Acnétrait, Contracné, Curacné, Procuta en gélule, « sont indiqués pour traiter des acnés sévères lorsque les autres traitements n’ont pas été efficaces »
, rappelle la vigie du médicament.
Ils ne doivent « en aucun cas être utilisés à
des fins esthétiques
(nouvelle fenêtre)«
et « ne modifient pas la forme du nez »
, insiste l’ANSM. Au contraire, ils peuvent même « altérer la qualité de la peau »
et « être à l’origine d’effets indésirables graves et susceptibles de persister après la fin du traitement, y compris à faible dose »
. L’isotrétinoïne présente ainsi le risque d’une « aggravation possible de l’acné »
.
Parmi les autres effets indésirables, ces traitements peuvent également poser de lourds problèmes de santé : « Des risques d’atteinte du foie »
, des troubles de la vision, musculaires et intestinaux, ainsi qu’un « risque de troubles psychiatriques »
, comme « des symptômes dépressifs et des modifications de l’humeur »
, énumère l’ANSM.
Un traitement contre-indiqué pendant la grossesse
L’agence sanitaire avertit aussi que la prise d’isotrétinoïne par les femmes enceintes entraîne « un risque élevé de malformation »
du fœtus, par exemple une « déformation du crâne »
. D’où sa stricte contre-indication pendant la grossesse (nouvelle fenêtre), nécessitant une prise de contraception avant, pendant et « jusqu’à un mois après son arrêt »
.
Environ un quart des enfants exposés à l’isotrétinoïne orale au cours du premier trimestre de la grossesse sont atteints de malformations évocatrices, associant des atteintes craniofaciales, cardiaques et du système nerveux central, écrivait en juin 2024 la revue médicale indépendante Prescrire.
De manière générale, « un suivi médical personnalisé est nécessaire afin de s’assurer d’une utilisation en toute sécurité »
, et « seuls les dermatologues peuvent initier un traitement à base d’isotrétinoïne »
, appuie l’agence sanitaire. Elle rappelle au passage que « la vente et la promotion sans autorisation de médicaments sur Internet sont illégales »
.




