Le groupe de hackeurs Jabaroot a diffusé, lundi 24 août, sur le réseau social Telegram, les données de 70 000 membres des services de sécurité du Maroc, rapporte le site d’information espagnol El Confidential. Les pirates informatiques, qui se présentent comme favorable à Alger, parlent de ces listes comme d’un « cadeau » à l’Europe et en particulier à l’Espagne – ils accusent en effet des responsables sécuritaires marocains d’avoir facilité le passage vers l’enclave de Ceuta de milliers de migrants, fin juillet.
Une seconde liste publiée par les hackeurs contient les noms, grades et données bancaires de 1 400 agents marocains des services de sécurité ou des renseignements.
L’exactitude de ces données demeure sujette à caution, mais « la liste a été jugée authentique (au moins partiellement) par plusieurs anciens agents des services de renseignements marocains, qui ont confirmé à El Confidencial que certains des noms divulgués appartenaient à la Direction générale de la sécurité et du renseignement (DGST, sécurité intérieure) ».
Il s’agit de « la plus importante faille de sécurité à laquelle les services de sécurité du royaume ont jamais été confrontés », poursuit le titre espagnol.
Attaques répétées
Plus tôt, Jabaroot avait clairement désigné Abdellatif Hammouchi, à la tête de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN, police) et de la DGST, comme le cerveau des derniers événements de Ceuta, qui auraient été menés sans l’aval direct du roi, Mohammed VI.
Toujours selon les allégations du groupe de pirates informatiques, les agents marocains dont les noms ont été diffusés seraient disséminés dans toute l’Europe pour mener des opérations d’espionnage. Ces informations sont pour l’heure impossibles à vérifier. Reste qu’El Confidential avait lui-même évoqué la possibilité d’une implication du renseignement marocain dans les événements survenus à Ceuta.
Le site d’information marocain Médias24 affirme que « Jabaroot n’a pas publié la liste de 70 000 espions marocains ». Pour lui, l’« examen » des fichiers mis en ligne « suggère plutôt un assemblage de données déjà compromises ». En d’autres termes, les hackeurs auraient regroupé sur un même fichier les noms d’agents marocains dont les données avaient déjà été piratées auparavant, pour donner l’impression d’une nouvelle révélation. Il minimise l’ampleur de la fuite en parlant d’un « repackaging et de mise en scène informationnelle ».
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