- Le retour des trois taïkonautes a été repoussé en raison d’un impact présumé de débris sur le vaisseau spatial qui doit les ramener sur Terre.
- La Chine est régulièrement pointée du doigt pour ses manquements en matière de lutte contre les débris spatiaux.
La mission de retour sur Terre de trois taïkonautes, initialement prévue ce jeudi, a dû être repoussée en raison d’un impact présumé de débris sur le vaisseau spatial à bord duquel l’équipage devait embarquer pour faire le voyage. L’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a indiqué, mercredi 5 novembre, que des investigations étaient en cours afin d’évaluer si l’impact a causé des dégâts sur des parties critiques du système du vaisseau spatial, ce qui nécessiterait d’envoyer un vaisseau de sauvetage pour ramener les trois taïkonautes sur la terre ferme.
Le commandant de la mission Shenzhou-20, Chen Dong, et ses deux équipiers, Chen Zhongrui et Wang Jie, ont quitté la Terre le 24 avril dernier depuis le centre de lancement de Jiuquan, dans le nord de la Chine, lors du 35ᵉ vol du programme spatial habité du pays. Les trois taïkonautes ont passé six mois en orbite à bord de la station spatiale Tiangong. Pendant leur séjour, l’équipage a effectué des sorties dans l’espace, géré des livraisons de fret et mené des expériences scientifiques. Leur retour sur Terre devait avoir lieu ce jeudi 6 novembre sur le site d’atterrissage de Dongfeng, en Mongolie-Intérieure.
1,2 million de débris autour de la Terre
L’accumulation croissante de débris spatiaux représente une menace pour la sécurité des missions et des infrastructures orbitales. Actuellement, selon les estimations du Bureau des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne (Esa), quelque 1,2 million de débris flottent autour de la Terre (nouvelle fenêtre) – dont plus de 40.000 d’une taille supérieure à 10 cm. Les plus gros sont suivis de près par les grandes agences spatiales, ce qui permet d’émettre des alertes en cas de risque de collision. Mais ce n’est le cas des débris plus petits, trop nombreux pour être individuellement répertoriés.
Pourtant, « en orbite basse, même une petite bille d’un millimètre porte une énergie similaire à l’explosion d’une grenade militaire »
, soulignait, auprès de TF1info, Quentin Verspieren, chef de la coordination du programme de sécurité spatiale de l’Esa, en avril dernier. La Chine, bien qu’elle ne viole pas le droit spatial international (encore assez sommaire sur le sujet), est régulièrement pointée du doigt pour non-respect des règles de bonne conduite. Les scientifiques continuent de suivre les débris issus d’une frappe chinoise qui avait détruit un satellite météorologique, en 2017.












