mercredi, avril 8

  • L’Inde réfléchit à déployer des reptiles « dans les intervalles non protégés formés par les rivières » le long de sa frontière avec son voisin bangladais.
  • « Nous avons demandé à nos unités sur le terrain de se pencher sur la faisabilité de cette approche », a expliqué un officier supérieur de la Force de sécurité aux frontières.
  • Le gouvernement ultranationaliste de Narendra Modi a mis l’accent sur la lutte contre l’immigration clandestine.

L’Inde envisage sérieusement de déployer quelques bataillons de reptiles pour endiguer l’immigration clandestine en provenance du Bangladesh voisin (nouvelle fenêtre), a appris mercredi l’AFP auprès de ses garde-frontières. Les deux pays sont séparés par plus de 4.000 km de frontière, largement constituée de deltas formés par les rivières qui coulent de l’Himalaya, de marécages ou de mangroves, dépourvus de toute palissade. 

Au pouvoir depuis 2014, le gouvernement ultranationaliste hindou de Narendra Modi (nouvelle fenêtre) a fait une priorité de la lutte contre l’immigration clandestine, notamment celle issue du Bangladesh à forte majorité musulmane.

« De nombreux défis, notamment en matière de sécurité », selon un officier

Sur la frontière qui sépare l’État indien du Bengale occidental du territoire bangladais (nouvelle fenêtre), seuls 1.647 des 2.216 km sont protégés par des barrières, selon New Delhi. « On nous a demandé d’étudier l’idée d’un déploiement de reptiles tels que serpents et crocodiles dans les intervalles non protégés formés par les rivières », a expliqué à l’AFP un officier supérieur de la Force de sécurité aux frontières (BSF), Manoj Barnwal.

Selon ce responsable, ce scénario a été discuté en février lors d’une réunion au quartier général de la BSF. « C’est une idée innovante, mais elle suscite de nombreux défis, notamment en matière de sécurité », a-t-il fait valoir, avant d’énumérer : « Comment se procurer les reptiles ? Quel serait leur impact sur les habitants des villages installés le long de la frontière ? ». « Nous avons demandé à nos unités sur le terrain de se pencher sur la faisabilité de cette approche et de nous en rendre compte au plus vite », a ajouté l’officier. 

« La faisabilité du déploiement de reptiles (tels que des serpents ou des crocodiles) dans les zones riveraines vulnérables doit être étudiée et examinée d’un point de vue opérationnel », indique ainsi une note interne envoyée aux unités de terrain de la BSF, selon le journal indien The Hindu (nouvelle fenêtre). Pour le quotidien, cette piste représente bien un « risque considérable » pour les villages de part et d’autre de la frontière, a fortiori puisque la zone est fréquemment sujette aux inondations. 

Les relations entre New Delhi et Dacca se sont tendues depuis la chute en 2024 de l’ex-Première ministre bangladaise Sheikh Hasina, désomrais en exil en Inde. Ces révélations interviennent tandis que le ministre des Affaires étrangères bangladais Khalilur Rahman, issu du nouveau gouvernement formé après les élections législatives de février, effectue mercredi sa première visite officielle sur le sol indien. 

M.L. avec AFP

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