lundi, mars 23

  • À partir de ce lundi, les médecins libéraux sont en grève, un mouvement qui s’annonce très suivi et devrait durer 10 jours.
  • Le JT de TF1 a recueilli les témoignages de plusieurs d’entre eux.

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Le 13H

Les médecins libéraux de ville et des cliniques débutent, ce lundi 5 janvier, une grève de dix jours prévue pour monter progressivement en puissance. Le mouvement, lancé par les organisations professionnelles représentatives, des syndicats étudiants et de la jeune génération de médecins, commence lundi par la fermeture des cabinets de certains praticiens, une réduction d’activité ou une « grève administrative » pour d’autres. 

Il doit s’intensifier au fil des jours et mener à une « grève dure », « l’arrêt des blocs opératoires » des cliniques du 10 au 14 janvier, et en point d’orgue une manifestation à Paris samedi après-midi. Le CSMF anticipe un « mouvement excessivement suivi ». Les grévistes dénoncent notamment un budget de la Sécu insuffisant face à des besoins croissants, des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes médicaux, en « contournant » le dialogue social, entre autres griefs.

Dans le cabinet médical où nos journalistes se sont rendus ce lundi matin, cinq médecins sur six ont décidé de faire grève. Résultat : toutes les consultations sont annulées. La profession exprime une colère face à une politique qu’ils estiment autoritaire.  Exemple : la possibilité pour l’Assurance-maladie de faire baisser les prescriptions d’arrêt de travail qui seront contrôlées de façon plus stricte. « Quand on prend un ouvrier qui est dans le BTP, qui s’est fracassé l’épaule ou la jambe, on se doute bien qu’on ne peut pas réduire la durée de l’arrêt de travail. Il a besoin de récupérer. Et c’est ça notre intérêt, c’est de se cibler sur l’intérêt du patient et non pas sur des objectifs économiques ou politiques », détaille le Dr Raphael Dachicourt, médecin généraliste à Croix (Nord), également délégué national MG France.

85% des médecins sont en grève ce lundi. Alors, certains patients qui avaient rendez-vous semblent un peu perdus. « J’avais rendez-vous à 9h15, j’y ai été : en grève », déplore un homme. 

S’il n’y a plus de médecine libérale, le système de santé s’effondre

Dr Martin Rouer, chirurgien vasculaire

L’objectif des médecins est de mettre sous tension l’hôpital et les services d’urgence, pour se faire entendre. Le gouvernement, lui, a prévenu : il pourra réquisitionner des médecins. Mais à l’Hôpital privé Villeneuve-d’Ascq (HPVA), où 80% des interventions ont été déprogrammées, le chirurgien que nous avons rencontré a décidé de partir en Belgique pour y échapper.

« Si on n’est plus là, tous les patients qu’on soignera iront malheureusement dans le système public, qui aujourd’hui n’est pas en mesure d’absorber ce volume de patients. C’est fort. Malheureusement, depuis juillet, on a constaté des attaques extrêmement fortes et frontales sur la médecine libérale et la chirurgie. Si aujourd’hui il n’y a plus de médecine libérale, le système de santé s’effondre », pointe le Dr Martin Rouer, chirurgien vasculaire. 

Une grève de cette ampleur et qui touche toutes les professions de la médecine libérale, c’est du jamais-vu en France. En quarante ans d’exercice, le Dr Patrick Chastenet, radiologue, fait grève pour la deuxième fois seulement. Lui conteste la baisse des tarifs imposée par la Sécurité sociale. « Bien sûr que nous sommes inquiets. On est inquiets parce que les conséquences pour les patients, c’est que les examens seront moins performants », exprime-t-il au micro du JT de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Marion FIAT, Charles YZERMAN

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