lundi, mars 23

Après l’enlèvement et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, au tour de sa vice-présidente de prendre la main. Conformément à la Constitution vénézuélienne, la charge de diriger le Venezuela incombe ainsi à Delcy Rodriguez, 56 ans et « figure clé » du régime Maduro, selon les termes du journal El Nacional.

La chambre constitutionnelle de la Cour suprême du Venezuela a statué samedi 3 janvier « que Rodriguez assume et exerce en tant que responsable toutes les attributions, devoirs et pouvoirs inhérents à la fonction de présidente de la République bolivarienne du Venezuela afin de garantir la continuité administrative et la défense intégrale de la nation ».

Trump « capture » Maduro, la gauche en tête pour dénoncer « l’agression » américaine au Venezuela

Les juges n’ont pour le moment pas déclaré Nicolás Maduro définitivement absent, ce qui aurait entraîné la convocation d’élections anticipées dans les 30 jours.

Ministre des hydrocarbures, sanctionnée par l’Union européenne

Delcy Rodriguez est la sœur de l’actuel président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez. Elle est la fille de Jorge Antonio Rodríguez, militant du parti de gauche radicale Ligue socialiste, torturé à mort par la police vénézuélienne en 1976. Déjà dans la lutte lors de ses années étudiantes, elle a fait des études d’avocat, spécialisées dans le droit du travail français. Elle a ensuite fait partie du gouvernement d’Hugo Chavez.

Selon Le Monde, depuis la réélection contestée de Maduro en 2018, elle fait l’objet de sanctions par l’Union européenne. Elle est ainsi interdite de visas et ses avoirs dans l’Union européenne sont gelés.

Delcy Rodriguez n’est pas seulement vice-présidente depuis 2018, elle est également ministre des hydrocarbures. Une fonction d’intérêt pour un pays abritant l’une des réserves de pétrole les plus importantes du monde, mais aussi pour Donald Trump qui a déjà annoncé que les compagnies américaines allaient s’installer et faire main basse sur l’or noir vénézuélien.

Avant d’obtenir ce poste, Delcy Rodriguez a enchaîné les ministères du gouvernement Maduro, à la communication et l’information du pays, aux Affaires étrangères, ou encore en tant que présidente de l’Assemblée nationale constituante vénézuélienne de 2017. Comme le souligne Le Parisien, cette Assemblée était chargée de concevoir une nouvelle constitution, mais a été rejetée par l’opposition, ainsi que par plusieurs pays étrangers.

Rumeurs de conspirations

Mais voilà, la fidèle de Maduro l’est-elle vraiment ? Des rumeurs ont commencé à circuler en octobre dernier sur une conspiration. Le journal américain Miami Herald a rapporté le 16 octobre que la vice-présidente et son frère Jorge avaient entamé des négociations avec Washington pour évincer Nicolás Maduro en échange de leur maintien au pouvoir.

Delcy Rodriguez a fermement nié ces accusations. « FAKE !! Un autre média qui s’ajoute au dépotoir de la guerre psychologique contre le peuple vénézuélien. Ils n’ont ni éthique ni morale, et favorisent exclusivement le mensonge et la charogne », avait-elle écrit sur la messagerie Telegram.

« La révolution bolivarienne compte sur un haut commandement politico-militaire uni autour de la volonté du peuple », a-t-elle ajouté, accompagnant sa publication d’une photo d’elle au côté du président Maduro avec pour légende : « Ensemble et unis avec le Président Maduro ».

Le Miami Herald soutien que Delcy Rodriguez aurait fait passer sa proposition via l’intermédiaire de médiateurs au Qatar, pays qui a servi de médiateur entre les États-Unis et le Venezuela pour des échanges de prisonniers.

« L’unique président du Venezuela »

Quoi qu’il en soit, Donald Trump a déclaré samedi après la capture de Nicolás Maduro que la vice-présidente était « prête à coopérer » avec Washington. Ce que l’intéressée a vite balayé en exigeant en direct à la télévision « la libération immédiate du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. »

« L’unique président du Venezuela, c’est le président Nicolás Maduro », a-t-elle martelé, ajoutant : « Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national. »

Après les mots de Donald Trump, lequel a affirmé samedi que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela, le chef de la diplomatie américaine a expliqué ce dimanche que son pays travaillera avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions. » « S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les États-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il ainsi expliqué lors d’une interview à la chaîne CBS, en parlant du gouvernement et de la dirigeante en place.

De « Monroe » à « Donroe », ce montage sur le Groenland illustre bien la menace qui pèse sur l’Europe

Venezuela : La réaction de Macron à la capture de Maduro saluée par Trump, étrillée en France

Share.
Exit mobile version