jeudi, juin 11

  • L’enfant terrible du climat a déjà débuté, selon une mise à jour de l’agence américaine NOAA jeudi.
  • Il atteindra son pic en fin d’année.
  • Pour quels impacts à travers la planète ? On fait le point.

Cette fois, il est là. Selon l’agence américaine NOAA, le phénomène climatique El Niño a déjà débuté. Il devrait atteindre son pic en fin d’année avec des conséquences importantes dans plusieurs régions du monde. « L’enfant terrible du climat », comme on le surnomme, peut provoquer ou intensifier les épisodes de sécheresse ou de pluies diluviennes selon les régions.

« Chaque épisode El Niño est unique de par son évolution, sa configuration spatiale et ses impacts », rappelle l’Organisation météorologique mondiale (OMM) (nouvelle fenêtre). Toutefois, des tendances générales se dégagent historiquement, selon les régions.

Amériques : craintes de famine

Sur le continent américain, El Niño provoque à la fois une augmentation des pluies et des sécheresses plus intenses. Le phénomène est généralement associé à une augmentation des précipitations dans certaines régions du sud de l’Amérique du Sud et dans le sud des États-Unis. Les pluies peuvent également être plus intenses sur les côtes de l’Équateur et du Pérou, où les pêcheurs ont donné son nom au phénomène, associé à la période de Noël et à l’enfant Jésus.

À l’inverse, il tend à provoquer un temps plus sec en Amérique centrale, dans une partie du nord de l’Amérique du Sud ou dans les Caraïbes. Dans la région dite du « Corridor sec », région couvrant des parties du Guatemala, du Honduras, du Salvador et du Nicaragua, le retour d’El Niño fait déjà craindre une réduction de moitié des précipitations et alimente la peur de la famine, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Autre effet habituel : « Le poisson déserte les eaux côtières d’Amérique du Sud, les eaux chaudes étant beaucoup plus pauvres en nutriments que les remontées d’eaux froides habituelles », explique Météo-France (nouvelle fenêtre).

Afrique : pire sécheresse jamais enregistrée

Du côté du continent africain, El Niño tend à entraîner une hausse des précipitations dans certains secteurs de la Corne de l’Afrique. Lors du précédent épisode, en 2024, l’Afrique australe avait ainsi été confrontée pendant plusieurs mois à sa pire sécheresse jamais enregistrée, dévastant les récoltes et provoquant la faim chez des millions d’Africains.

L’OMM a averti le mois dernier que les pluies pourraient être sous la normale sur la période des pluies courant de juin à septembre dans les pays suivants : Soudan du Sud, Ouganda, Éthiopie, Djibouti, et des parties d’Érythrée, du Soudan et de l’ouest du Kenya.

À l’inverse, on peut s’attendre à un déficit de pluie en Afrique australe.

Asie : un impact sur les ouragans

« Lors des situations El Niño, des conditions sèches se développent sur l’Indonésie et sur l’Australie, les tempêtes tropicales et les ouragans apparaissent beaucoup plus à l’est qu’à l’habitude et viennent affecter la Polynésie française », souligne Météo-France. « Lors des épisodes El Niño, on observe généralement plus de cyclones dans le Pacifique, aussi bien sur la partie occidentale que sur la partie orientale du bassin », complètent les climatologues. Un phénomène inverse à ce qui se passe dans l’Atlantique.

L’Asie du Sud, notamment l’Inde, devrait pour sa part recevoir des pluies de mousson inférieures à la moyenne durant la saison (jusqu’à septembre).

Températures mondiales

L’Europe, elle, n’est pas impactée par El Niño. Elle peut toutefois ressentir son effet sur la température moyenne du globe, qui tend à observer une légère hausse dans l’année qui suit l’apparition du phénomène. C’est pourquoi plusieurs organismes ont d’ores et déjà alerté sur une année 2027 possiblement très chaude et record à travers le monde. 

L’année la plus chaude enregistrée à ce jour, 2024, avait suivi l’apparition du précédent épisode El Niño. D’autant que le phénomène naturel s’ajoute aussi à la tendance de fond au réchauffement climatique d’origine humaine, alimenté par l’utilisation massive des énergies fossiles. De nombreuses autres années de chaleurs records – notamment 1998, 2010, 2016, 2023 – ont suivi d’importants épisodes El Niño ou se sont développées parallèlement.

A.B. avec AFP

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