lundi, février 2
Sébastien Lecornu (au centre), dans une ferme de Baigneaux (Eure-et-Loir), le 30 janvier 2026.

Depuis quand Sébastien Lecornu se préparait-il, tapi dans l’ombre, à endosser le costume de premier ministre ? Début décembre 2024, Emmanuel Macron fait clairement comprendre à son ministre des armées qu’il est prêt à le nommer à Matignon. Mais il lui faudra attendre que François Bayrou se fasse hara-kiri, le 8 septembre 2025, pour que le ministre des armées voie son heure arrivée.

Nommé premier ministre le lendemain, Sébastien Lecornu a déjà tiré les leçons de l’année écoulée : seule une alliance du « socle commun » avec les socialistes et Les Ecologistes, que ni Michel Barnier ni le patron du MoDem n’ont su construire, permettra d’assurer la stabilité du prochain gouvernement. Le pari, audacieux, repose sur une conviction : les socialistes, après avoir censuré deux premiers ministres, vont cette fois accepter de négocier.

Les oppositions et une partie du camp présidentiel craignent le pire, tant ils perçoivent, à travers ce choix, l’entêtement d’Emmanuel Macron à vouloir gouverner par procuration. Le mouvement Bloquons tout menace de mettre la France à l’arrêt. Les syndicats, vent debout contre le plan budgétaire de François Bayrou, prévoient de défiler dans les rues jusqu’à l’abdication de l’exécutif. Les finances du pays sont dans le rouge et l’agence américaine Fitch abaisse la note de la France. « On marche sur une couche de glace pas très épaisse », résume Sébastien Lecornu.

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