- On connaissait les faux radars, illégaux, fabriqués par des habitants pour faire ralentir les automobilistes.
- Voilà qu’un maire de Corrèze en installe lui aussi, avec de vrais panneaux de signalisation en amont.
- Une équipe de TF1 s’est rendue sur place et se penche sur la légalité de ce dispositif.
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Le 13H
Devant un radar fixe, beaucoup d’automobilistes ont le même réflexe : freiner. Sauf que celui que montre le reportage du JT de TF1 ci-dessus, à Malemort, près de Brive-la-Gaillarde en Corrèze, ne flashe pas. Pas d’amende, pas de retrait de points. C’est ce qu’on appelle un faux radar autonome, pour inciter à respecter la limitation de vitesse de 50 km/h sur cette voie communale. « Des gens, au début, ne sont pas censés savoir que c’est un faux radar, donc ils baissent la vitesse
« , commente une habitante face à notre caméra. « On pensait que c’était un vrai
, confie une autre : je vis dans les quartiers juste à côté, il y avait un doute, mon père est même descendu pour regarder si c’était un vrai ou pas
« . « Je pense que c’est dissuasif
, estime un troisième. Après, sur combien de temps, je ne sais pas…
«
La commune en a même installé un second sur une route départementale, pas en carton-pâte, mais en le fabriquant comme un radar de chantier. « Ce n’est pas compliqué
, indique Philippe Brugeat, directeur des services techniques de la commune, c’est une ossature métallique qui est couverte de panneaux en acier. Et puis derrière, on a commandé des bandes rétro-réfléchissantes. Il faut compter 1000 euros par modèle
« .
Même les panneaux avertisseurs, 100 mètres avant les deux radars, ont été mis en place par la commune, qui ne voit que des avantages dans cette méthode. « C’est pédagogique, ce n’est pas pénalisant financièrement, ça permet de faire abaisser la vitesse, et comme ça tout le monde s’y retrouve
« , fait valoir Laurent Darthou, le maire (UDI) à l’origine de cette initiative. Pour les riverains par exemple, l’effet a été immédiat ! « Les gens descendent moins vite ou montent moins vite, donc c’est quand même une facilité pour sortir de chez soi
« , salue l’un d’eux. « Les gens ralentissent en arrivant, puis réaccélèrent derrière une fois le radar passé
« , tempère un autre.
De faux radars ont déjà fleuri un peu partout en France à l’initiative de particuliers. Une démarche illégale, mais qu’en est-il lorsque c’est un maire qui l’engage ? Là, tout est dans les clous, comme nous l’explique Vincent Berton, le préfet de la Corrèze : « Le maire est autorité de police sur sa commune, donc il est totalement légitime à prendre des mesures de police. En l’occurrence, c’est plus une mesure de sensibilisation et de prévention routière. On a fait quelques remarques sur les conditions d’installation et notamment la distance par rapport à la route
« .
De quoi peut-être donner des idées à d’autres maires pour diminuer le nombre d’accidents sur les routes.




