mardi, janvier 27

La banalisation des thèses de l’extrême droite sur l’immigration s’installe en France, comme ailleurs en Europe et dans le monde, en même temps que l’éventualité de son accession au pouvoir. Si beaucoup continuent à la regarder pour ce qu’elle est – xénophobe –, de plus en plus ne lui associent plus ce qualificatif.

Une majorité issue de toutes les franges de l’électorat semble adhérer à des mesures qui porteraient si frontalement atteinte à la dignité et à l’égalité des personnes qu’elles sont très probablement contraires à notre Constitution : réserver les allocations familiales aux Français, restreindre le regroupement familial, supprimer le droit du sol et l’aide médicale d’Etat. Sauf positions individuelles qu’il convient de saluer, les forces politiques instituées n’y répondent que par le suivisme, le déni ou l’exacerbation des passions identitaires, comme l’adoption de la loi « immigration » l’a illustré en décembre 2023.

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Il est temps de prendre la juste et utile mesure de l’enjeu. Dans un pays qui compte 11,3 % d’immigrés, il ne tient pas à leur nombre, invalidant si besoin était le fantasme du « grand remplacement ». Réduire l’immigration par principe n’a pas d’autre fondement qu’une vision essentialiste propice à toutes les dérives.

Tranquillement indifférents

Pourtant, il se passe quelque chose du côté de la manière dont de plus en plus de Français voient, vivent, conçoivent et imaginent l’immigration, qu’il convient de considérer. Beaucoup trouvent dans l’accueil une source de partages et d’enthousiasmes, ou sont tranquillement indifférents.

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Pour autant, dans une société française en proie aux doutes économiques, sociaux, démocratiques et identitaires, les transformations d’une immigration plus nombreuse nourrissent les instrumentalisations. L’installation depuis quarante ans de familles en provenance principalement de pays africains à majorité musulmane l’a sortie des foyers de travailleurs migrants et rendue visible. La diversité et le métissage progressent. Les parcours de vie sont multiples.

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