
L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE
Hantise cinéphile : tel ou tel trésor insu a-t-il été – par négligence, malchance, erreur ? – soustrait à notre attention ? Quiconque fréquente un peu sérieusement archives et festivals sait bien que oui, par pelletées. Appliquée à une œuvre, la réponse est à relativiser, c’est déjà plus difficile.
Prenons l’exemple de l’Espagnol Jonas Trueba. Agé aujourd’hui de 44 ans, cet héritier putatif d’Eric Rohmer (1920-2010) – rien de plus subtil, de plus habité, de plus léger et profond à la fois ne s’était tourné sur la carte du Tendre depuis la mort de ce dernier – s’est fait connaître en France en 2020 avec son cinquième long-métrage, Eva en août, dérive estivale d’une jeune femme au hasard madrilène de son désir. L’engouement progressivement rencontré depuis lors par cette œuvre mène logiquement aujourd’hui à une intégrale organisée par le Centre Pompidou hors les murs, qui permet enfin de découvrir ses films antérieurs.
Il vous reste 85.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




