
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
En 2010, l’écrivain Mohammed Aïssaoui publiait une biographie intitulée L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard), un esclave noir de l’île Bourbon (La Réunion), qui découvre à la mort de sa mère, esclave déportée d’Inde, qu’elle avait été émancipée par sa maîtresse. Censément libre, de ce fait, selon le droit français, Furcy s’allie en la circonstance à un procureur royal abolitionniste pour mener, de 1817 à 1845, un épuisant, âpre et épique combat judiciaire destiné à faire reconnaître son statut, sans cesser, tout ce temps, d’être considéré par ses « maîtres » comme un esclave.
Cette singulière et bouleversante histoire, le rappeur, romancier et réalisateur Abd Al Malik – auteur d’un premier long-métrage autobiographique en 2014 (Qu’Allah bénisse la France) – la porte aujourd’hui à l’écran. La narration se déploie en trois périodes. En 1817, à l’île Bourbon (La Réunion), Furcy plaide devant le tribunal pour sa liberté, soutenu par le procureur Louis Gilbert Boucher (Romain Duris), fervent abolitionniste. Très vite, il apparaît que les maîtres tout-puissants de l’île sont les colons, notamment représentés par Joseph Lory (Vincent Macaigne), le maître de Furcy.
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