mercredi, janvier 28
Jessica Chastain (Jennifer McCarthy), dans « Dreams », de Michel Franco.

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Un camion abandonné sur une route occupe l’écran. Que peut-il bien y avoir à l’intérieur ? Il faut attendre la nuit tombée pour entendre des cris s’en échapper, puis voir quelques silhouettes fuir une fois les portes ouvertes. Très vite, on suit l’errance d’un jeune migrant mexicain assoiffé et affamé qui, à pied et en stop, tente de gagner San Francisco. Le voilà rejeté par certains, aidé par d’autres. Fernando (Isaac Hernandez) finit par approcher une maison bourgeoise. Il récupère les clés à l’extérieur et se glisse à l’intérieur comme s’il était chez lui.

La propriétaire des lieux, Jennifer McCarthy (Jessica Chastain), de retour chez elle un peu plus tard, semble à peine surprise de le trouver là. Après avoir échangé quelques paroles, voilà qu’ils font l’amour tendrement. Premier retournement d’un récit qui joue sans cesse avec les attentes des spectateurs pour mieux s’en détourner et questionner nos préjugés.

Après le très beau Memory (2024), qui marquait une bifurcation vers un cinéma plus tendre et sentimental, le réalisateur mexicain Michel Franco retrouve, pour la deuxième fois, Jessica Chastain autour d’un récit plus sec, cette fois. L’actrice américaine, impeccable dans un rôle qui souffle le chaud et le froid, interprète ici la fille d’une riche famille bourgeoise. A la tête d’une fondation artistique, elle est passionnément amoureuse d’un danseur mexicain, qui vit illégalement aux Etats-Unis. Seul hic, elle n’arrive pas à assumer cette relation que ne peuvent que désapprouver son père et son frère, empreints de racisme et de mépris de classe.

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