lundi, janvier 26

Lorsqu’il surgit à Paris, en avril 2018, pour acheter les magazines français de Lagardère – dont Elle – et l’hebdomadaire Marianne, personne, ou presque, n’a entendu parler de Daniel Kretinsky. Le Tchèque a beau être la cinquième fortune de son pays, ses coups d’éclat dans l’immobilier pragois et dans l’énergie en Europe centrale n’ont pas franchi les frontières. Près de huit ans plus tard, avant même qu’il ne révèle, le 26 janvier, son projet d’offre publique d’achat sur Fnac Darty, rares sont ceux à ne pas connaître son nom.

A 50 ans, le juriste est devenu un homme d’affaires incontournable dans l’Hexagone, tissant progressivement sa toile à coups d’acquisitions, d’abord dans les médias (Elle, Marianne, la création du magazine Franc-Tireur et de la chaîne de télévision T18), pour amorcer son influence, puis dans l’énergie (GazelEnergie, en passe d’être repris par TotalEnergies), la distribution (Casino, Monoprix, Fnac Darty) et l’édition (Editis). Des secteurs où le Tchèque avait déjà investi dans son pays. Le chiffre d’affaires cumulé des actifs français détenus majoritairement par le milliardaire tchèque avoisine les 20 milliards d’euros. Ils emploient près de 45 000 personnes.

A cela s’ajoutent deux participations financières : l’une dans TF1, à hauteur de 5,1 % des droits de vote ; l’autre dans Quadient (ex-Neopost), une société de services postaux (22 %). Dans les médias, s’il n’en est pas le propriétaire, l’homme d’affaires finance aussi le quotidien Libération. Il lui a accordé au début de janvier un nouveau prêt, le quatrième en quatre ans, d’un montant de l’ordre de 15 millions d’euros, portant à 59 millions d’euros son soutien financier total. Le journal devra commencer à le rembourser en 2027, un an plus tard qu’initialement prévu. Un temps actionnaire indirect du Monde, le milliardaire tchèque a revendu ses parts à Xavier Niel en septembre 2023.

Lire aussi (2018) | Article réservé à nos abonnés Aux origines de la fortune de Daniel Kretinsky

Sympathie pour Emmanuel Macron

Cette galaxie hexagonale, Daniel Kretinsky a pu se l’offrir grâce aux importants bénéfices générés par ses centrales à charbon en Europe centrale, achetées à bas prix au début des années 2010, lorsque les énergéticiens allemands cherchaient à sortir de ce métier mal vu car trop générateur de gaz à effet de serre. Il profite aussi énormément de la participation de 49 % au capital du gazoduc slovaque Eustream, rachetée, début 2013, au français GDF et à l’allemand E.ON. Celui-ci achemine le gaz russe vers l’Europe de l’Ouest.

Il vous reste 59.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version