Cuba s’efforçait de rétablir le courant dans le pays lundi soir après une nouvelle panne générale, la troisième en moins de six mois, au moment où la production d’électricité est mise à rude épreuve par le blocus pétrolier imposé par Washington.
Le manque de carburant « rend indiscutiblement plus compliqué le processus de restauration » du réseau électrique, a précisé lundi soir à la télévision d’Etat Lazaro Guerra, directeur de l’électricité au ministère de l’Energie et des Mines.
« Nous avançons en fonction de la capacité de production (électrique) qui est disponible dans le pays », a-t-il ajouté, sans faire de pronostic sur le rétablissement du réseau par la compagnie nationale d’électricité (UNE).
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a mis directement en cause la politique américaine de sanctions contre l’île.
« Alors que les États-Unis tentent de provoquer un soulèvement social en étouffant le pays, en bloquant l’approvisionnement en carburant de Cuba, l’UNE se mobilise pour remédier à la panne du réseau électrique national », a déclaré le chef de l’Etat sur X.
« Ce que font les électriciens en plein blocus énergétique génocidaire est héroïque », a-t-il ajouté.
A la mi-journée, la compagnie électrique a annoncé « une déconnexion totale » du réseau, privant de courant l’ensemble de l’île de 9,6 millions d’habitants. Les causes de cette déconnexion n’ont pas été précisées.
Le réseau électrique de Cuba subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant. Huit pannes générales ont eu lieu depuis fin 2024.
Les coupures quotidiennes se sont intensifiées depuis que Washington a imposé en janvier un blocus pétrolier qui empêche les livraisons de carburant.
Ces derniers temps, « on n’avait que trois ou quatre heures de lumière par jour. Maintenant, c’est plus grave, on ne sait pas quand ça va un peu revenir », explique Meyboll Font, 51 ans, qui travaille chez elle comme community manager.
« Vivre comme ça, c’est une agonie », dit-elle.
La production d’électricité à Cuba repose principalement sur sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance, ainsi que sur un réseau de groupes électrogènes de secours alimentés par du diesel importé.
Lundi, la principale centrale électrique du pays, Antonio Guiteras, située dans l’ouest, était à l’arrêt pour réparation. Elle a été arrêtée plus de quinze fois depuis le début de l’année en raison d’avaries successives.
Cette situation provoque des délestages incessants qui atteignent désormais plus de 30 heures d’affilée à La Havane, plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de contruction de parcs solaires lancé il y a deux ans.
– « Contraindre » –
Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Outre le blocus pétrolier en vigueur depuis janvier, Washington a édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains.
Donald Trump estime que Cuba, situé à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu’il pourrait en « prendre le contrôle ».
Les deux pays sont en difficiles pourparlers.
Mises sous pression, les autorités cubaines ont adopté mi-juin un paquet de mesures sans précédent en faveur de l’économie de marché, un bouleversement pour le modèle économique de l’île depuis l’adoption du communisme il y a près de 70 ans.
Lundi, Cuba a dénoncé la volonté des Etats-Unis d' »empêcher » l’Assemblée générale de l’ONU de se prononcer mardi sur l’impact du blocus pétrolier et des autres sanctions imposées par Washington.
« Le gouvernement des Etats-Unis tente d’empêcher l’Assemblée générale de l’ONU de se prononcer. Il fait pression sur des gouvernements et cherche à contraindre la volonté souveraine des Etats membres », a affirmé le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, sur X.
Un vote des Etats-membres est nécessaire pour l’ouverture d’un tel débat devant l’Assemblée générale.
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