vendredi, février 6

  • Une magistrate grenobloise et sa mère ont été séquestrées pendant une trentaine d’heures pour une demande de rançon en cryptomonnaies.
  • Elles ont été retrouvées blessées ce vendredi matin dans un garage de la Drôme, après avoir réussi à appeler à l’aide.
  • C’est la troisième affaire de ce genre recensée depuis la mi-janvier en région Rhône-Alpes.

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Les tentatives d’enlèvement se multiplient dans le monde des cryptomonnaies

« Elles criaient ‘au secours' ». Alors qu’il s’apprête à emmener sa petite-fille à l’école ce vendredi matin, un retraité entend tambouriner à la porte d’un garage. « Elles tapaient contre le garage, ‘boum, boum, boum’« , raconte-t-il dans le reportage ci-dessus. À l’intérieur, deux femmes sont séquestrées depuis plusieurs heures sans eau, sans nourriture. Elles viennent de réussir à se défaire de leurs liens et leurs bâillons et lui tombent dans les bras. « Elles m’ont dit : ‘Merci, merci, vous nous avez sauvé la vie' », poursuit-il.

Le compagnon de la victime avait reçu un message demandant le versement d’une rançon en cryptomonnaie

Etienne Manteaux, procureur de la République de Grenoble

Les deux victimes sont ensuite recueillies dans un laboratoire à proximité, par Camille. Toutes deux ont été violentées pendant leur captivité, la plus jeune a la lèvre tuméfiée. « Elle avait des ecchymoses au niveau du visage et donc je leur ai donné à boire et ensuite les services de police sont arrivés sur place », témoigne la biologiste. Les enquêteurs réalisent alors qu’ils viennent de retrouver une magistrate de 35 ans et sa mère. Elles étaient recherchées par 160 policiers dans la région. Les deux femmes avaient été enlevées trente heures plus tôt, à une centaine de kilomètres de là, dans un village de l’Isère. 

Retour sur les faits : dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs malfaiteurs enfoncent la porte de leur domicile et les emmènent de force. Ils contactent ensuite le mari de la magistrate, un entrepreneur dans le milieu de la cryptomonnaie, et lui demandent une rançon, un million d’euros. « Le compagnon de la victime avait reçu un message ainsi qu’une photo de sa compagne, émanant des ravisseurs, lui demandant le versement d’une rançon en cryptomonnaie et menaçant de mutilation les victimes », détaille Étienne Manteaux, procureur de la République de Grenoble. Le parquet précise qu’aucune rançon n’a été versée, les ravisseurs sont toujours en fuite. 

Que se passe-t-il dans cette région ? C’est le troisième enlèvement en trois semaines. Fin janvier, les journalistes de TF1 avaient rencontré un homme relâché après seize heures de supplice. Ces ravisseurs tentaient de faire pression sur son fils, investisseur en cryptomonnaies. Ces enlèvements sont-ils liés aux fuites de données d’entreprises du secteur ces derniers mois ? S’agit-il d’équipes agissant pour un même commanditaire ? Pour l’heure, aucune piste n’est écartée.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Baptiste GUÉNAIS, Christophe BUISINE et Eric NAPPI

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