mardi, mai 26

Après un petit tour au volant d’un bus municipal stockholmois, Ulf Kristersson, le Premier ministre suédois, a annoncé la nouvelle pour laquelle il avait convoqué la presse, mardi 26 mai. Entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026, les cartes mensuelles de transport en commun coûteront deux fois moins chers qu’en temps normal. Et ce, dans tout le royaume.

Selon le gouvernement de droite, “cette baisse vise à encourager la population à utiliser davantage les transports en commun, compte tenu de la crise énergétique causée par la guerre en Iran”, explique le quotidien Aftonbladet. La mesure coûtera à l’État 6,5 milliards de couronnes, soit 600 millions d’euros, a précisé le Premier ministre conservateur.

“Aveu d’échec”

À titre d’exemple, une carte d’abonnement mensuelle – formule la plus utilisée dans le pays – coûte aux usagers stockholmois l’équivalant de 98 euros (60 euros pour les enfants, les étudiants et les seniors).

L’annonce de mardi étant survenue à moins de quatre mois des législatives, l’opposition s’est empressée d’y voir “un coup électoral” destiné à séduire les électeurs. “Kristersson vous trompe avec le bus moins cher”, lance à ses lecteurs une éditorialiste d’Aftonbladet, journal proche de l’opposition sociale-démocrate. Pour elle, il faut avant tout y voir “un aveu d’échec” du gouvernement, dont les partis membres sont devancés dans les sondages.

Même à droite, Expressen (libéral) n’est pas emballé par la mesure à venir. “Les Suédois n’ont pas besoin d’argent de poche”, estime son éditorialiste en dénonçant un “populisme du portefeuille”.

Soutiens au pouvoir d’achat

Quant aux effets escomptés d’une telle mesure, ils risquent d’être limités, avance un chercheur spécialisé dans les transports. “Une réduction de moitié des prix des cartes mensuelles devrait conduire à une baisse de 4 % du trafic routier”, estime Roger Pydokke dans Svenska Dagbladet.

Quoi qu’il en soit, rappelle Dagens Nyheter, le gouvernement minoritaire, activement soutenu par les Démocrates de Suède (extrême droite), a multiplié les mesures ces derniers temps pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages : réduction de la taxe sur les carburants, soutien financier aux lignes aériennes intérieures et baisse temporaire de la TVA (à hauteur de 3,42 milliards d’euros).

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