mercredi, mars 11

  • Conséquence de la guerre au Moyen-Orient, la crise du pétrole touche l’économie mondiale.
  • Ce lundi, Emmanuel Macron a affirmé que « le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée » face à la hausse du prix des carburants.
  • En quoi consistent-elles ? Quels sont les stocks de la France ?

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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase

Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars ce lundi 9 mars, flambant de 30% en quelques heures. Plus d’une semaine après le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran, dont la riposte a embrasé tout le Moyen-Orient, le cours de l’or noir s’envole et se répercute sur l’économie mondiale, en raison notamment du blocage de facto du détroit d’Ormuz. Ce matin, le président français a affirmé devant les journalistes que « le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée » pour tenter d’atténuer la hausse du prix des carburants dans les stations-service.

« Une coordination des chefs d’État et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question de l’énergie est à l’étude », a également déclaré Emmanuel Macron, en route pour Chypre ce lundi. Une réunion des sept pays a lieu à la mi-journée pour aborder , a ensuite précisé le ministère de l’Économie et des Finances. « On va échanger, on va écouter ce qui remonte du terrain, des entreprises, des économistes dans ces différentes zones du monde », a pour sa part indiqué le locataire de Bercy, Roland Lescure, afin d’« évaluer éventuellement les réponses nécessaires » à la guerre au Moyen-Orient. Un possible recours coordonné aux réserves pétrolières stratégiques respectives doit être abordé, selon le quotidien britannique Financial Times.

L’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole

L’Agence internationale de l’énergie

Créée en 1974 à la suite du premier choc pétrolier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) impose à ses membres de détenir en permanence des stocks de pétrole pour « atténuer les impacts économiques négatifs » de pénuries ou de perturbations de l’approvisionnement. 

Chaque membre a « l’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole », mobilisables en cas de crise. Cela « peut inclure des stocks détenus exclusivement pour les situations d’urgence ainsi que des stocks détenus à des fins commerciales », que ce soit du pétrole brut ou des produits raffinés, précise l’AIE. Elle tolère aussi « des stocks conservés dans d’autres pays » via des accords bilatéraux.

118 jours de stocks en France

La France détient au total l’équivalent de 118 jours d’importations nettes, selon Bercy. Le gouvernement a en outre martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie à ce stade, bien que les importations représentent 99 % de la consommation nationale.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a répété depuis une semaine que « 2026 n’est pas 2022 », année qui a vu le démarrage d’une période inflationniste liée à la guerre en Ukraine. Il a appelé à ne pas réagir trop vite, jugeant que la hausse des prix des hydrocarbures « pourrait être temporaire ».

L’AIE se veut rassurante

L’AIE, qui peut décider d’une action collective, se veut également rassurante. « Il y a beaucoup de pétrole sur le marché » et « aucune action collective » n’est prévue, même si « toutes les options » sont envisagées, a assuré vendredi son directeur exécutif Fatih Birol. Le marché mondial du pétrole est en surplus depuis le début de l’année 2025 – les stocks mondiaux observés atteignant plus de 8,2 milliards de barils -, ce qui constitue un « important coussin de sécurité face à d’éventuelles perturbations », selon l’agence. Quant aux membres de l’AIE, ils détiennent « plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d’urgence », ainsi qu’« environ 600 millions de barils supplémentaires de stocks détenus par l’industrie sous obligation gouvernementale ».

Si les pays du G7 décident d’utiliser une partie de leurs réserves stratégiques, le Financial Times évoque « une libération conjointe comprise entre 300 et 400 millions de barils, soit environ 25% à 30% des 1,2 milliard de barils détenus en réserve », souligne Lee Hardman, analyste de MUFG. « Le détroit d’Ormuz transporte normalement entre 17 et 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés. Ainsi, une libération des réserves stratégiques compenserait environ deux à trois semaines de flux normaux transitant par le détroit d’Ormuz s’il reste effectivement fermé », explique le spécialiste.

Victor GAUTIER avec AFP

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