
Le parquet général a requis, mercredi 26 novembre, en appel une condamnation pour le constructeur aéronautique européen Airbus et la compagnie Air France. Tous deux sont jugés pour homicides involontaires seize ans après le crash du vol Rio-Paris. Le constructeur et le transporteur avaient été relaxés en première instance, le 17 avril 2023.
« Nous requérons l’infirmation du jugement rendu qui a relaxé les prévenus et vous entrerez donc, madame la présidente, en voie de condamnation du chef d’homicide involontaire », ont requis les deux avocats généraux dans leur réquisitoire, qualifiant d’« indécence » la ligne de défense des deux entreprises lors du procès à la cour d’appel de Paris.
Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage. A bord de l’A330 immatriculé F-GZCP se trouvent des passagers de 33 nationalités, parmi lesquels 72 Français et 58 Brésiliens.
Les entreprises encourent jusqu’à 225 000 euros d’amende
La justice reproche à Airbus d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques, dont le givrage en haute altitude est le point de départ de l’accident, et de n’avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour en informer d’urgence les compagnies aériennes qui en étaient équipées.
Pour sa part, Air France est poursuivi pour ne pas avoir mis en œuvre de formation de pilotes adaptée aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent à l’extérieur de l’avion la vitesse de l’appareil, ni procédé à une information suffisante des équipages.
Pour cet accident aérien, passé à la postérité par la célèbre photo de la dérive tricolore arrachée à l’avion et flottant au milieu de l’océan Atlantique, les deux entreprises sont jugées jusqu’à jeudi par la cour d’appel de Paris. Elles encourent jusqu’à 225 000 euros d’amende.




