jeudi, février 19
Yoon Suk Yeol arrivant au parquet de Séoul pour se soumettre à un interrogatoire, après avoir été convoqué dans le cadre d’une enquête menée par un procureur spécial sur sa tentative avortée de déclarer la loi martiale, à Séoul, en Corée du Sud, le 28 juin 2025.

Il a échappé à la peine de mort, requise par le parquet. L’ex-président sud-coréen, Yoon Suk Yeol, âgé de 65 ans, a été condamné, jeudi 19 février, à la prison à vie pour avoir déclaré la loi martiale en décembre 2024 et envoyé l’armée au Parlement pour tenter de le museler.

« Concernant l’accusé Yoon Suk Yeol, le crime de direction d’une insurrection est établi », a affirmé en lisant son verdict le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal du district central de Séoul. « La cour estime que l’intention était de paralyser l’assemblée pendant une période considérable », a poursuivi le magistrat. Selon lui, « la proclamation de la loi martiale a entraîné des coûts sociaux énormes, et il est difficile de trouver des indices montrant que l’accusé a exprimé des remords à ce sujet ».

Le soir du 3 décembre 2024, l’ancien dirigeant conservateur, invoquant la menace de « forces hostiles à l’Etat », déclarait la loi martiale par surprise à la télévision, tandis que l’armée se déployait pour boucler le Parlement et le réduire au silence.

La suspension du régime civil n’aura finalement duré que six heures. Dans la nuit noire, certains des députés en escaladant les grilles d’enceinte, étaient parvenus à se faufiler dans l’hémicycle en nombre suffisant pour contrecarrer les plans de Yoon Suk Yeol.

Sa tentative a ravivé le souvenir douloureux des dictatures au sein d’une société qui s’était habituée à la stabilité démocratique, a secoué les marchés, sidéré à l’étranger, et provoqué une profonde crise politique intérieure.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Corée du Sud, la peine de mort requise contre Yoon Suk Yeol, pour sa déclaration de loi martiale

Un procès très suivi par la population

Le pays aura vu successivement la suspension de M. Yoon par l’Assemblée nationale, son arrestation – au deuxième essai des autorités –, sa destitution, en avril, puis la victoire de son rival, Lee Jae-myung, à la présidentielle anticipée de juin.

Les Sud-Coréens, qui se sont mobilisés massivement contre et pour Yoon Suk Yeol pendant des mois après cette nuit-là, ont pu suivre la lecture du jugement à la télévision.

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Jeudi, des milliers de ses partisans se sont rassemblés devant le tribunal, appelant à abandonner les poursuites. Des exclamations ont retenti quand un bus cellulaire bleu, supposé transporter leur leader, est arrivé sur place.

Yoon Suk Yeol, qui comparaissait détenu, est au cœur de plusieurs autres procès. Il avait déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour des faits moins graves liés à son coup de force. D’anciens collaborateurs, en poste au moment de sa décision de proclamer la loi martiale, se sont aussi vu infliger des peines de prison, ou attendent leur jugement.

Le tribunal a également reconnu coupable l’ex-ministre de la défense Kim Yong-hyun, et l’a condamné à trente ans de prison. L’ex-premier ministre Han Duck-soo, qui a été condamné à vingt-trois ans d’incarcération (contre quinze requis) à la fin de janvier, et le ministre de l’intérieur de l’époque, Lee Sang-min, condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour leur rôle dans ce scandale.

Lire aussi | En Corée du Sud, le président Yoon Suk Yeol réfute toute volonté d’insurrection, au dernier jour de son procès

Le Monde avec AFP

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