
Après plusieurs jours de négociations à Belem, au Brésil, près de 200 Etats se sont accordés sur un texte, samedi 22 novembre, au cours de la session de clôture. Mais celui-ci ne fait pas mention explicitement des énergies fossiles, contrairement à la COP 28 à Dubaï en 2023, où le texte final évoquait une « transition hors des énergies fossiles ». L’accord prévoit toutefois le triplement des fonds consacrés à l’adaptation au changement climatique d’ici à 2035 comparé à 2025.
Et il prévoit d’instituer un « dialogue » sur le commerce mondial, une première dans les négociations climatiques. La Chine, qui mène la fronde des pays émergents contre les taxes carbone aux frontières, en avait fait sa priorité avec d’autres pays exportateurs. « La science a prévalu, le multilatéralisme a gagné », s’est réjoui le président brésilien, Lula depuis Johannesburg où se tient le G20. « En cette année où la planète a dépassé pour la première fois – et peut-être de manière permanente – la limite d’un degré et demi au-dessus des niveaux préindustriels, la communauté internationale a fait face à un choix : continuer ou abandonner. Nous avons choisi la première option », a-t-il ajouté.
Malgré cet accord, plusieurs pays ont déploré son manque d’ambition. Quelques minutes avant l’annonce de cet accord, l’Union européenne avait affirmé qu’elle ne s’opposerait pas à l’accord final, bien que le texte ne fasse pas de mention explicite aux énergies fossiles. « Nous n’allons pas cacher que nous aurions préféré davantage, et plus d’ambition sur tout », a déclaré Wopke Hoesktra après une nuit de négociations et une réunion de coordination avec les Vingt-Sept.
« Un texte assez plat »
Une ligne suivie par la ministre française de la transition écologique. « On ne s’y oppose pas parce qu’il y a rien d’extraordinairement méchant à l’intérieur. C’est un texte qui est un texte assez plat », a-t-elle regretté. Elle a ajouté que les Européens avaient préféré accepter ce texte en raison du « procès qui était fait aux Européens, qui était de dire qu’une des raisons pour lesquelles on s’opposait à ce texte, c’était parce qu’on ne voulait pas payer de l’argent pour les pays les plus pauvres. » En 2023, les pays s’étaient engagés à « opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques », pour la première fois dans l’histoire des conférences sur le climat de l’ONU.
Alors que les Etats-Unis ne sont pas représentés officiellement au cours de cette COP, la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et une partie du monde en développement freinaient pour que soit mentionné dans le texte un recul des émissions de gaz à effet de serre et des énergies fossiles. Une partie du monde en développement n’avait pas comme priorité la bataille contre les fossiles en arrivant au Brésil il y a deux semaines. Pour eux, les financements sont plus urgents, et la COP30 leur livre un petit gain.
Ils expliquent que de nombreuses économies, pauvres ou émergentes, n’ont pas à l’heure actuelle les moyens d’une transition vers une consommation et une croissance moins denses en carbone, ou tout simplement de s’adapter à un climat déréglé. Ils réclament des pays les plus riches des engagements financiers supplémentaires pour aider les nations qui le sont moins.




