lundi, janvier 26

  • Aurore Bergé annonce ce dimanche la mise en place d’une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers.
  • Une décision qui fait suite à une enquête menée par SOS Racisme démontrant que près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale dans l’accès au logement.

Punie par la loi mais encore très largement pratiquée. Près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale dans l’accès au logement, selon un testing dévoilé dimanche 25 janvier par SOS Racisme. En réponse à ces résultats, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé annonce une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents.

Un décret sera signé « dans les toutes prochaines semaines, avec le ministre du Logement (Vincent Jeanbrun) », a-t-elle indiqué dans un entretien au Parisien (nouvelle fenêtre). Selon elle, la « formation continue facultative actuelle est insuffisante, car seuls ceux qui sont déjà convaincus s’en emparent ». Aussi, elle ne concerne que les détenteurs d’une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents.

Des résultats édifiants

Qu’est-ce qui a déclenché cette annonce ? L’association SOS Racisme a mené en 2025 une campagne de testings auprès de 198 agences immobilières appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Ses militants se sont fait passer pour des propriétaires souhaitant mettre leur bien en location, en demandant exclusivement des profils « européens » pour éviter des « problèmes de voisinage ».

Sur ces 198 agences, près d’une sur deux (96, soit 48,48%) ont accepté soit de discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial (pour 48, soit 24,24%), soit d’être complices de discrimination (48 aussi, qui ont permis ou encouragé que le propriétaire fasse cette sélection), selon le rapport, dévoilé par Le Parisien et que l’AFP a pu consulter. Au total, 102 agences (soit 51,52%) ont refusé de discriminer et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine.

SOS Racisme dénonce « une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires »

Cette étude « met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal », a dénoncé l’association dans un communiqué. Interrogée par le quotidien régional au sujet de ces résultats, Aurore Bergé a rappelé que « la discrimination est illégale » et estimé que « le rapport de SOS Racisme montre que le chemin est encore long ».

L’enquête « ne fait que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées », a réagi auprès de l’AFP le président de la Fnaim, Loïc Cantin. « C’est un véritable fléau », a-t-il ajouté. « Pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction. »

Il s’agit de la troisième campagne de testing menée par SOS Racisme sur le sujet, après de précédentes enquêtes en 2019 et 2022. La situation ne s’est pas améliorée par rapport à 2022 : sur 136 agences, 51,5% refusaient alors toute discrimination et 48,5% acceptaient ou facilitaient des demandes discriminatoires (avec 25% d’acceptation directe et 23,5% de complicité).

J.F. avec AFP

Share.
Exit mobile version