jeudi, juin 11

Près d’un an après le retour de la consigne du verre pour réemploi dans les supermarchés, l’ONG Zero Waste a déploré une mise en oeuvre en deçà des ambitions initiales de la part des industriels, des distributeurs et de l’éco-organisme Citeo, dans une étude publiée jeudi.

Pour cette expérimentation du dispositif « ReUse » à grande échelle dans un grand quart nord-ouest de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie et Hauts-de-France), le directeur général de Citeo, Jean Hornain, avait annoncé 80 magasins participants au lancement et tablait sur 750 avant la fin de l’année 2025.

Mais « ReUse ne compte aujourd’hui que 350 magasins dans son dispositif », selon Zero Waste, qui déplore une mise en oeuvre « insuffisamment ambitieuse » par les acteurs, qu’il s’agisse des distributeurs, industriels, ou de Citeo, un éco-organisme – à savoir une entreprise à but non lucratif financée par des industriels dans le but de réduire les déchets et leurs pollution.

Cette initiative, qui vise à inciter les consommateurs à rapporter leurs emballages vides pour lavage et réemploi, moyennant remboursement de la consigne, a vocation à s’étendre à la France entière. Elle doit donner un coup de pouce au réemploi des emballages, pour lequel la France accuse un retard considérable.

Moins de 2% des emballages sont aujourd’hui réemployés, selon le réseau Vrac et réemploi, alors que la loi Agec (anti-gaspillage économie circulaire) visait 10% d’emballages réemployés d’ici 2027.

Outre un faible nombre de magasins proposant ce système de consigne, Zero Waste déplore le peu de références réemployables disponibles en rayons, « neuf en moyenne dans chaque magasin participant », alors que Citeo tablait sur plusieurs dizaines, et des écarts de prix parfois importants, entre produits en emballages réemployables, « jusqu’à trois fois plus cher » que leurs équivalents jetables, hors montant de la consigne.

Enfin, de manière générale, ils relèvent un manque d’information et des machines de déconsignation « difficilement repérables ».

« On n’est pas encore en vitesse de croisière, on a encore des choses à apprendre », a concédé Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe Carrefour, interrogé par l’AFP.

Seulement 8,3% des magasins de l’enseigne se sont engagés dans l’opération, selon le bilan de Zero Waste, mais ReUse n’est qu’une des « huit expérimentations » dans le réemploi menées par Carrefour dans près de 20% de ses magasins au plan national, souligne M. Swiderski, persuadé que les différentes initiatives finiront par « converger ».

A ce stade, Citeo ne souhaite pas faire de commentaires, donnant rendez-vous fin juin pour présenter son bilan sur des données consolidées sur douze mois.

ngu/nal/fmp

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