mercredi, janvier 21
Le président américain, Donald Trump, après la signature officielle de la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza entre Israël et le Hamas, à Charm El-Cheikh, en Egypte, le 13 octobre 2025.

Donald Trump veut créer un conseil de la paix pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde. Selon une charte envoyée à différents Etats et dont l’Agence France-Presse (AFP) a obtenu une copie, un ticket d’entrée d’un milliard de dollars serait exigé pour obtenir un siège permanent.

La Maison Blanche avait auparavant annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, soutenu par Washington, un conseil de la paix présidé par Donald Trump serait formé. Depuis ce week-end, divers pays ont affirmé avoir reçu une invitation pour y participer, notamment la France, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Chine.

Mais le projet de charte révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza et semble en faire un véritable substitut à l’ONU. Ce projet « soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause », avait d’ailleurs réagi l’entourage d’Emmanuel Macron lundi. Voici quatre questions pour comprendre ce que l’on sait à ce stade de ce projet aux contours flous.

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Quel serait le mode de fonctionnement de ce conseil de la paix ?

« Le conseil de la paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », peut-on lire dans le préambule du texte envoyé aux Etats « invités » à y siéger. Le document de huit pages critique les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion à peine voilée à l’ONU, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il insiste sur « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».

Donald Trump serait alors le « premier président du conseil de la paix », dont les pouvoirs prévus sont très étendus : il serait seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’Etat et de gouvernement à l’intégrer et pourrait révoquer leur participation, sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des Etats membres ». Le conseil exécutif, dirigé par M. Trump, comportera sept membres parmi lesquels le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, l’émissaire spécial Steve Witkoff, le gendre de M. Trump Jared Kushner, et l’ex-premier ministre britannique Tony Blair.

Un responsable américain a confirmé sous couvert de l’anonymat que Donald Trump pourrait en conserver la présidence, y compris après la fin de son mandat, jusqu’à ce qu’il « démissionne », le prochain président des Etats-Unis pouvant désigner un représentant.

« Chaque Etat membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux Etats membres qui versent plus d’un milliard de dollars au conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte », ajoute le texte, sans précisions. Le responsable américain a cependant fait savoir que cela se faisait sur la base du volontariat et qu’il n’y avait aucun prix d’entrée pour être membre du conseil.

Quels sont les pays favorables à ce conseil de la paix ?

Benyamin Nétanyahou a accepté l’invitation de Donald Trump à siéger « en tant que membre » au conseil de la paix, a annoncé mercredi le bureau du premier ministre israélien.

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En Hongrie, le premier ministre, Viktor Orban, a accepté dès dimanche l’invitation « honorable » de son allié Donald Trump d’être « membre fondateur » du conseil de paix. Le président argentin, Javier Milei, a déclaré que ce serait un « honneur » de siéger au conseil.

En Azerbaïdjan, le ministère des affaires étrangères a annoncé mardi que le président Ilham Aliev était « prêt à prendre part aux activités du conseil de paix ».

Le roi du Maroc Mohammed VI rejoindra le conseil en tant que « membre fondateur », a annoncé la diplomatie marocaine.

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L’Egypte, les Emirats arabes uni, Bahreïn et l’Arménie ont également annoncé avoir accepté.

Quels sont les réticences des leaders mondiaux ?

La France « ne peut donner une suite favorable » à ce stade à l’invitation, a pour sa part affirmé dès lundi l’entourage du président, Emmanuel Macron, appelant à préserver le rôle de l’ONU. « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera », avait alors rétorqué Donald Trump.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit, de son côté, mardi avoir reçu une invitation, mais « n’imagine pas » y participer au côté de la Russie.

Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe, Vladimir Poutine, à rejoindre le conseil. Moscou a dit vouloir « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.

Le gouvernement britannique s’est quant à lui dit « inquiet » de cette invitation faite au président russe, qui « a prouvé à maintes reprises qu’il n’était pas sérieusement engagé pour la paix ». Il a confirmé que le Royaume-Uni avait reçu une invitation et en examinait les « modalités » en contact avec les Etats-Unis et ses autres partenaires internationaux.

La Norvège, dont les relations se sont nettement dégradées avec Donald Trump, irrité de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, ne participera pas au conseil de la paix proposé par le président américain, a déclaré mercredi le cabinet du premier ministre.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles. Le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se « coordonner » avec ses partenaires.

La Chine a déclaré mercredi défendre le système international avec les Nations unies « en son centre », après avoir affirmé la veille avoir été invitée à rejoindre le conseil de la paix proposé par le président américain, Donald Trump. Un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois s’est à nouveau gardé de dire mercredi si la Chine acceptait ou non l’invitation.

Au Canada, la ministre des affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré à l’AFP : « Nous examinons la situation. Mais nous n’allons pas payer un milliard de dollars. »

Quels pays ne se sont pas encore prononcé ?

La Maison Blanche n’a pas publié la liste des pays invités. Mais de nombreuses capitales ont fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d’invitation. Parmi les autres pays qui ont confirmé avoir reçu une invitation figurent l’Italie, la Suède, la Finlande, l’Albanie, le Brésil, le Paraguay, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l’Inde et la Corée du Sud.

Selon la charte du conseil de la paix, elle est censée entrer en vigueur quand au moins « trois Etats » l’auront signée.

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Le Monde avec AFP

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