samedi, août 22

  • Des concentrations en uranium chimique dépassant les seuils d’alerte ont conduit les autorités locales à interdire la consommation d’eau du robinet dans plusieurs villages de la vallée de la Maurienne.
  • En cas d’exposition à de fortes doses via de l’eau de boisson, le risque de toxicité le plus significatif se situe au niveau des reins et du tube digestif.

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Dans la vallée de la Maurienne, des concentrations en uranium chimique dépassant les seuils d’alerte ont conduit les maires des communes de La Chambre (1.200 habitants), les Chavannes (200) et La Chapelle (360) à prendre un arrêté municipal pour interdire la consommation d’eau du robinet à leurs habitants, rapporte le média local Ici Pays de Savoie (nouvelle fenêtre). L’uranium est un métal présentant une toxicité chimique. Or, « ce dépassement est susceptible de présenter un risque sanitaire, notamment pour les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes atteintes de pathologies rénales, en cas de consommation répétée et prolongée », selon un arrêté municipal (nouvelle fenêtre)publié vendredi 21 août par la mairie de Les Chavannes-en-Maurienne.

Les habitants des communes concernées sont invités à ne plus consommer d’eau du robinet « pour les usages suivants : la boisson et la préparation et la cuisson de denrées alimentaires. En revanche, l’eau peut continuer d’être utilisée sans restriction pour tous les autres usages domestiques : toilette, douche, lavage du linge et vaisselle », détaille l’arrêté. Selon Ici Pays de Savoie, le problème est maintenant résolu dans la commune de La Chambre, qui dispose de deux réseaux de distribution d’eau différents – celui qui affiche une concentration trop élevée en uranium chimique ayant été déconnecté. 

Auprès de nos confrères, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes précise que le dépassement des seuils d’alerte ne sont pas liées « à l’apparition soudaine d’une pollution nouvelle » ou à « une situation d’intoxication aiguë ». « L’uranium est naturellement présent dans le sous-sol dans ce secteur. Ce qui est nouveau, c’est que sa concentration en tant qu’élément chimique fait désormais partie des paramètres recherchés dans le contrôle sanitaire », souligne l’ARS. Ces restrictions font suite à l’entrée en vigueur de nouvelles normes européennes (nouvelle fenêtre) visant à renforcer les contrôles. 

Dorénavant, les autorités sont contraintes d’engager des actions lorsque les concentrations dépassent un certain seuil d’alerte. Sur la base d’études d’ingestion chez l’animal (le rat), la dose minimale avec effet nocif observé a été évaluée à 60 µg/kg de poids corporel/jour pour des lésions rénales. En extrapolant ces résultats à l’homme, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a établi en 2005 une valeur toxicologique de référence pour l’uranium, basée sur sa toxicité chimique, avec un seuil d’alerte pour l’eau de boisson égale à 15 µg/L (nouvelle fenêtre). En Europe, les autorités ont fixé la dose minimale à 30 µg/L.

Concrètement, quels sont les risques ?

Le risque de toxicité le plus significatif, en cas d’exposition à de fortes doses via de l’eau de boisson, se situe au niveau des reins et du tube digestif, indique l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Des études ont également montré une incidence sur la reproduction et le développement (modification du métabolisme de la vitamine D notamment). Des effets sur la fertilité et le système nerveux central (essentiellement cognitifs) ont aussi été observés (toujours chez l’animal), mais à des doses d’uranium supérieures à celles relatives aux effets rénaux. 

À ce jour, aucune étude de cancérogénicité n’a été menée chez le rongeur par ingestion d’uranium sous forme soluble ou insoluble, précise l’Efsa. 

Afin de réduire sur le long terme les concentrations en uranium chimique dans l’eau distribuée dans ces trois communes, des solutions sont à l’étude, comme le filtrage de l’eau ou l’installation d’une unité de dépollution. Des réunions publiques devraient avoir lieu dans les prochaines semaines, indiquent nos confrères d’Ici Pays de Savoie.

Matthieu DELACHARLERY

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