- La taxe sur les petits colis, appliquée en France depuis le 1ᵉʳ mars, ne cartonne pas.
- Les géants Shein et Temu ne font plus atterrir leurs avions-cargos en France, mais dans des pays voisins, afin de la contourner.
- Regardez cette enquête du JT de TF1.
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Shein, l’enseigne chinoise controversée du e-commerce
Il est 15h25, ce mercredi 11 mars, quand, à l’aéroport de Liège, en Belgique, notre envoyé spécial aperçoit, à travers le grillage, un avion-cargo venu de Chine en train d’atterrir. À son bord, plusieurs milliers de colis commandés en ligne par des clients français sur les plateformes Shein ou Temu. Il y a quelques mois encore, il se serait posé à Paris. Mais depuis le 1er mars et l’entrée en vigueur d’une taxe sur les petits colis en France, il s’agit, pour ces entreprises, d’y échapper. L’enquête du 20H de TF1, visible en tête de cet article, se poursuit en caméra discrète jusqu’au hangar 32. « Le dernier, tout au fond »
, indique un employé de l’aéroport. « Les colis sont emmenés dans cet entrepôt logistique de 30.000 m². C’est l’équivalent de quatre terrains de football. Ils sont triés avant d’être distribués partout en Europe, notamment en France »
, précise notre journaliste, Zack Ajili.
Atterrir hors des frontières françaises permet, de fait, de ne pas régler cette taxe et d’acheminer les colis, sans frais, par camion jusqu’aux consommateurs. Il suffit de connaître cette astuce pour constater qu’elle est déjà très fréquente. La cliente française d’une de ces plateformes chinoises le confirme en nous montrant le suivi du colis qu’elle vient de recevoir : le sien a transité par l’aéroport d’Amsterdam, capitale des Pays-Bas. « Je veux juste qu’il arrive chez moi plus vite »
, sourit-elle.
Cette pratique est-elle légale ? Oui, mais plus pour très longtemps. « La taxe petit colis, aujourd’hui en vigueur en Italie et en France, va l’être à partir de la rentrée, je crois que c’est le mois de novembre, dans toute l’Europe. Donc on ne pourra pas la contourner »
, a en effet récemment prévenu Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat. Sauf que l’Union européenne n’est pas la seule à anticiper : les géants de la fast-fashion auraient même aussi un coup d’avance sur la législation continentale à venir dans quelques mois.
« Par exemple, en Pologne, j’ai vu un entrepôt de 740.000 m², j’étais vraiment impressionnée, parce que c’est nouveau »
, éclaire Verena Ehrler, professeure de logistique à l’Institut d’économie scientifique et de gestion (IESEG), évoquant ainsi un autre possible itinéraire par la route à même de contourner la taxe à une nouvelle et plus grande échelle. Contactée par le 20H de TF1, l’entreprise Shein se contente pour sa part de répondre qu’elle s’astreindra à respecter la loi, sans donner de détail : « Nous faisons évoluer nos systèmes internes afin de rester pleinement conformes aux évolutions réglementaires et d’assurer la transparence de nos opérations. »
En 2024, on estime que plus de quatre milliards de petits colis sont entrés en Europe.




